De Jan van Beverwijk, le 30 juillet 1640
Note [31]

Charles Nisard a conclu (page 23) ses traductions et annotations de cette lettre et de celle de Guy Patin à laquelle elle répondait (lettre latine 4 de notre édition) par ce commentaire :

« Ma prévention pour l’esprit de Guy Patin, très justifiée d’ailleurs par sa correspondance française, ne m’empêchera pas de reconnaître qu’il y a moins de cette qualité dans sa lettre que dans la réponse, et qu’autant celle-là est lourde, professorale, {a} autant celle-ci est dégagée, et sent son homme du monde sans préjudicier au savant.

Au surplus, en publiant de nouveau, mais traduite, la lettre de Guy Patin, on a eu pour principal objet de donner un spécimen de la manière dont ses lettres françaises devront être annotées, s’il se trouve enfin un éditeur qui veuille les tirer de l’état déplorable où les a laissées le bon docteur Reveillé-Parise. » {b}


  1. Je ne doute guère que Nisard aurait adouci son jugement s’il avait lu l’ensemble des lettres latines de Patin, au lieu d’une seule.

  2. Le médecin Joseph-Henri Reveillé-Parise, compilateur et commentateur de l’édition la plus complète (avant la nôtre) des Lettres de Gui Patin (Paris, 1846, v. notre bibliographie). Les critiques littéraires ont généralement malmené son travail (v. les Avis sur les Lettres), sans reconnaître son mérite d’avoir ressuscité Patin au xixe s.

La note 1 de Nisard (page 6) est aussi intéressante à lire :

« Guy Patin, je crois, s’en tint à cette lettre d’ouverture, car on ne voit pas qu’il ait été plus avant. La réponse de Beverwijk était pourtant assez intéressante pour valoir une réplique, mais cette réplique ne fut pas donnée ; sans quoi, Beverwijk n’eût pas manqué de la publier comme il a publié la lettre. {a} C’est que, dans la réponse du médecin hollandais, il est un point qui dut faire dresser l’oreille au médecin français, et le choquer plus que les marques de respect et de déférence, dont il y est en même temps l’objet, ne durent le séduire. Beverwijk fait honneur aux chimistes de quelques essais heureux dans l’art d’extirper la pierre et il ajoute aussi qu’il marche sur leurs traces. On connaît les sentiments de Guy Patin pour les chimistes : faire l’éloge de ces réprouvés et, par-dessus le marché, convenir naïvement qu’on suit leurs pratiques n’était pas le moyen de l’engager à pousser plus loin une correspondance où il serait sans doute question d’eux plus d’une fois, et où il aurait coûté trop d’efforts pour en parler avec courtoisie à leur partisan. » {b}


  1. Celle du 19 juillet 1640. Nisard n’avait curieusement pas vu la lettre latine imprimée de Patin à Jan van Beverwijk (mort en 1647) datée du 13 mars 1644. Il semblait aussi ne pas se rendre compte de la quantité des lettres reçues ou écrites par Patin qui se sont perdues.

  2. Je me contenterai d’en dire que si Patin n’avait écrit ses lettres qu’à des médecins partageant intégralement ses préventions contre la médecine chimique (et contre toutes ses autres phobies), je n’aurais pas passé dix-huit années de ma vie à éditer sa correspondance. Il avait simplement, je crois, l’esprit moins étriqué que le bon M. Nisard.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Jan van Beverwijk, le 30 juillet 1640. Note 31

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9061&cln=31

(Consulté le 13.05.2021)

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