À Claude II Belin, le 28 octobre 1631, note 38.
Note [38]

Il n’a jusqu’ici été question dans les missives de Guy Patin que d’érudition et de bibliophilie, essentiellement médicales, mais cette longue 6e lettre aux Belin élargit le propos et donne le ton de tout ce qui a suivi.

D’abord, avec le sus Minervam, Guy Patin se montre sous son véritable jour d’âpre et hardi querelleur, fier et sûr de ses convictions, ne craignant pas d’aller jusqu’à perdre la confiance et l’amitié de ceux qui n’entendaient point sa sincérité. Ses partis pris, souvent barbelés, font la faiblesse de Patin, mais son charme vient de la manière qu’il avait de les défendre. Claude ii Belin fut le premier de ses correspondants à y succomber.

Ensuite apparaissent les premières allusions aux affaires politiques qui vont peu à peu prendre de l’ampleur et donner beaucoup de leur sel aux Lettres.

Unie autour du roi et de l’État, la France catholique était alors partagée en deux courants : celui des dévots, issus de la Ligue (v. note [20], lettre 15), ennemis déterminés du protestantisme qu’ils souhaitaient éradiquer, partisans de l’union catholique européenne autour de la papauté, et des Habsbourg d’Espagne et d’Autriche ; et celui des bons Français, plus accommodants avec les protestants, partisans du gallicanisme pour contrer l’hégémonie catholique ultramontaine qui mettrait la France à la merci des influences étrangères.

On verra vite que Guy Patin appartenait au second parti, notamment au travers de ses vifs assauts contre les religieux dépendant directement de Rome (moines et jésuites). Menée par Richelieu, la politique étrangère de la France a suivi les bons Français, tout en ménageant autant que possible, à l’intérieur, les dévots : empêcher la réunion des Habsbourg d’Espagne et d’Autriche avec les États pontificaux en attaquant le nœud géographique de leur convergence, à savoir le Milanais (avec le duché de Mantoue et le marquisat de Montferrat, v. note [11], lettre 18) et la Valteline (v. note [7], lettre 29).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 octobre 1631, note 38.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0006&cln=38

(Consulté le 26/02/2024)

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