Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 39.
Note [39]

Citation textuelle tirée de la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin (première partie, question 32, La connaissance des personnes divines, article 1) :

« Prétendre prouver la Trinité des personnes par la raison naturelle, c’est faire doublement tort à la foi.

D’abord, c’est méconnaître la dignité de la foi elle-même, laquelle consiste à avoir pour objet les choses invisibles, c’est-à-dire qui dépassent la raison humaine. La foi, dit l’Apôtre (Heb. 11), porte sur ce qu’on ne voit pas. {a} Et l’Apôtre dit en la Première aux Corinthiens, chapitre 2, : “ Parmi les parfaits, nous parlons de sagesse ; ce n’est cependant pas la sagesse de ce monde, ni celle des princes de ce monde : nous parlons de la sagesse de Dieu, celle qui est cachée dans le mystère. ” {b}

Ensuite, c’est compromettre les moyens d’amener d’autres hommes à la foi. En effet, apporter en preuve de la foi des raisons qui ne sont pas nécessaires, c’est l’exposer à la dérision des infidèles, car ils pensent que c’est sur ces raisons-là que nous nous appuyons, et à cause d’elles que nous croyons. » {c}


  1. Saint Paul, Épître aux Hébreux, 11:1‑3 :

    « Or la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. C’est elle qui a valu aux Anciens un bon témoignage. Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, de sorte que ce qu’on voit provient de ce qui n’est pas apparent. »

  2. Paul, Première Épître aux Corinthiens, 2:6-7. Par parfaits, dit une note de l’École biblique de Jérusalem (Bible, 1955, note e, page 1512), il faut entendre : « non pas un groupe ésotérique d’initiés, mais ceux qui ont atteint le plein développement de la vie et de la pensée chrétiennes. »

  3. Deux phrases complètent le propos de Thomas d’Aquin :

    Quæ igitur fidei sunt, non sunt tentanda probare nisi per auctoritates, his qui auctoritates suscipiunt. Apud alios vero, sufficit defendere non essse impossibile quod prædicat fides.

    [N’essayons donc pas de prouver les vérités de la foi autrement que par des arguments d’autorité, pour ceux qui les acceptent. Pour les autres, il suffit de défendre que ce que la foi annonce n’est pas impossible].


Imprimer cette note
Citer cette note
x
Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 39.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8203&cln=39

(Consulté le 23/02/2024)

Licence Creative Commons