À Charles Spon, le 9 mai 1643
Note [4]

La petite vérole (opposée à la grosse vérole ou vérole tout court, qui était naguère la syphilis, v. note [9], lettre 122), aujourd’hui nommée variole, était une infection contagieuse due au virus (poxvirus) de la variole. Survenant principalement chez les enfants, elle se manifestait par une fièvre élevée suivie d’une éruption pustuleuse caractéristique ; elle était fréquemment mortelle, en raison notamment de surinfections bactériennes. Le fléau n’épargnait presque personne. Trois fois sur quatre, les survivants conservaient les cicatrices des pustules, particulièrement visibles sur la face (visage grêlé).

V. notes [35], lettre 1019, pour l’étymologie du mot variole, et  [6], lettre 349, pour la description par Michel de Marolles, abbé de Villeloin, de celle à laquelle il réchappa en 1635.

Aucun traitement efficace contre le virus n’a été développé, mais la variole a été la première maladie infectieuse qu’on ait été capable de prévenir spécifiquement, à partir du xviiie s. : d’abord par l’inoculation volontaire au sujet sain de croûtes prélevées sur des sujets convalescents ; puis par celle, moins hasardeuse, de la vaccine, variole de la vache (cowpox), qui déclenche une infection bénigne chez les humains et induit une immunité croisée, protégeant contre la variole. Systématisée par l’Anglais Edward Jenner en 1798, cette technique a établi le principe de la vaccination et a permis l’éradication mondiale totale de la variole, officiellement déclarée en 1979. On redoute encore pourtant la variole car son virus est l’un de ceux qui pourraient devenir une arme de guerre microbienne.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 9 mai 1643. Note 4

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(Consulté le 21.11.2019)

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