À Claude II Belin, le 16 décembre 1645
Note [4]

Le cardinal Antonio Barberini (Rome 1607-Nemi, diocèse d’Albano, 3 ou 4 août 1671), connu sous le nom du cardinal Antoine (ou Antonio), était neveu du pape Urbain viii, et frère benjamin de Francesco (le cardinal Barberin, v. note [7], lettre 112) et de Don Taddeo (v. note [8], lettre 132) Barberini. Nommé cardinal en 1628, il avait bénéficié de toutes les largesses dévolues à sa famille. Le frivole Antonio et le rugueux Francesco, son aîné, avaient été les propulseurs de Mazarin dans le monde politique et diplomatique de l’Italie du Nord.

Dans ses Mémoires, Retz a écrit (page 305) que Mazarin « eut [en 1634] la nonciature extraordinaire en France par la faveur du cardinal Antoine, qui ne s’acquérait pas, en ce temps-là, par de bons moyens ».

Protecteur des affaires de France en cour de Rome pour 32 000 écus de pension annuelle, Antonio aurait dû faire partie du clan français dans le conclave de 1644, mais s’était fort mal acquitté de sa mission en favorisant l’élection d’Innocent x, contre les ordres formels de Mazarin (v. note [2] et suivantes, lettre 112). Antonio ne tira aucun bénéfice de sa trahison car, soumis aux poursuites du nouveau pape, il dut se réfugier à Paris en septembre 1645, où on le haïssait moins. En 1653, il reçut l’évêché de Poitiers, et les titres de grand aumônier de France et de chevalier du Saint-Esprit, tandis qu’il se réconciliait avec Innocent x. Revenu dès lors à une plus grande rigueur religieuse, il devint un des meneurs de la lutte contre le jansénisme, et reçut en 1657 l’archevêché de Reims.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 16 décembre 1645. Note 4

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(Consulté le 25.10.2020)

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