À André Falconet, le 11 octobre 1660
Note [4]

L’église de la Madeleine se tenait en l’île de la Cité, dans l’actuelle enceinte de l’Hôtel-Dieu, du côté de la rue de la Cité. Y siégeait la confrérie charitable de Paris qui eut le plus grand renom, la Grande Confrérie de Notre-Dame. Cette association religieuse avait été instituée par 50 prêtres et 50 bourgeois de Paris au commencement du xiiie s. : en 1224, la reine Blanche de Castille ayant témoigné le désir d’être admise dans son sein, il fut décidé que les femmes pourraient être reçues et l’on en fixa également le nombre à 50. En peu de temps, la confrérie devint si riche et si puissante que les plus grands personnages tinrent à honneur d’en faire partie ; les rois s’y firent recevoir, Louis xi entre autres. Elle avait pour chef suprême l’archevêque de Paris et pour doyen, un laïque qui était ordinairement le premier président du Parlement ou d’une Cour souveraine. La fête principale de la Grande Confrérie était l’Assomption, qu’elle célébrait avec une grande pompe : une magnifique procession partait de la Madeleine pour se rendre à une autre église et dans les rangs, se pressaient des gens de toute condition ; l’archevêque, le premier président, le prévôt de Paris, les princes du sang, le roi lui-même, marchaient à pied à la grande joie du peuple, grand amateur de ce spectacle plus original qu’édifiant. En outre, tous les deux ans, le dimanche après le 15 août, la Confrérie tenait avec beaucoup d’apparat une assise qui durait plusieurs jours et à laquelle pouvaient se présenter tous les pauvres pour y recevoir des aumônes (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 11 octobre 1660. Note 4

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(Consulté le 09.05.2021)

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