À André Falconet, le 9 septembre 1666
Note [4]

Dans ses Mémoires (pages 190‑194), Louis xiv, sans parler d’une entrevue secrète avec son amiral, le duc de Beaufort, a bien décrit la situation navale d’alors : les Anglais avaient reconstitué leur flotte et l’avaient postée autour de l’île de Wight, barrant la route à l’escadre française qui devait remonter la Manche pour se joindre aux Hollandais retirés dans leurs ports ; malgré le danger les Français franchirent l’obstacle en n’y perdant qu’un seul vaisseau. En réalité, la Marine royale ne jouait qu’un rôle de piètre figurant dans le conflit anglo-hollandais. Les flottes des deux principaux belligérants s’étaient de nouveau affrontées les 4 et 5 août (Saint James’s Day Batlle) au bénéfice des Anglais, mais sans grande perte pour les uns et les autres.

Olivier Le Fèvre d’Ormesson (Journal, tome ii, page 466) :

« Le lundi 9 août, les nouvelles vinrent du combat naval des Anglais et des Hollandais, et que ces derniers avaient été battus. On disait que Ruyter s’était retiré en Hollande après que l’escadre de Zélande se fut retirée à cause la mort de Jean Leersen, leur amiral ; que Tromp avait pris le large et que Ruyter, se voyant ainsi sans secours, s’était retiré. Une personne me dit que aussitôt les États s’étaient assemblés, avaient fait de grandes plaintes du retardement de M. de Beaufort, et avaient fait dire à M. d’Estrades qu’ils voyaient bien que le roi les abusait et qu’il voulait les faire consommer avec les Anglais pour profiter de leur ruine, et qu’ils feraient la paix sans lui. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 9 septembre 1666. Note 4

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(Consulté le 16.04.2021)

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