Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 42.
Note [42]

« [Saint Thomas] ibid. question 46, tient ce propos : “ On ne doit pas à la seule foi de croire que le monde a eu un commencement, mais cela ne peut pas se démontrer ”, {a} et il assure savoir cela parfaitement, etc. (au bas de la page 60, et il répète cela page 91). {b} On peut donc croire que le monde a eu un commencement, mais on ne peut le démontrer ni le certifier. Il convient d’examiner cela attentivement, afin que celui dont c’est la foi, dans l’intention de démontrer, ne se hasarde à fournir des explications qui ne sont pas indispensables et qui donneraient aux infidèles matière à contredire, et à estimer que nous fondons notre croyance sur des raisons de cette sorte, qui appartiennent à la foi. »


  1. Même en y ajoutant un non qu’aurait caché le pli de la reliure, cette citation ne reproduit pas le propos exact de Thomas d’Aquin :

    Videtur quod mundum incoepisse non sit articulus fidei, sed conclusio demonstrabilis. Omne enim factum habet principium suae durationis. Sed demonstrative probari potest quod Deus sit causa effectiva mundi, et hoc etiam probabiliores philosophi posuerunt. Ergo demonstrative probari potest quod mundus incoeperit.

    [Que le monde a eu un commencement semble ne pas être un article de foi, mais une conclusion démontrable : toute chose créée a un début qui établit sa propre durée. Il est possible de prouver que Dieu est la cause effective du monde, et les philosophes dignes de foi ont aussi établi cela. On peut donc démontrer que le monde a eu un commencement].

  2. Je n’ai pas identifié celle des nombreuses éditions latines de la Somme théologique à laquelle se référait le Borboniana, mais un peu plus loin dans le même article, Thomas d’Aquin écrivait, parmi d’autres arguments à l’appui de sa démonstration :

    Præterea, certum est nihil Deo æquari posse. Sed si mundus semper fuisset, æquipararetur Deo in duratione. Ergo certum est non semper mundum fuisse.

    [Il est certain que rien ne peut égaler Dieu ; mais si le monde avait toujours existé, il égalerait Dieu en durée ; il est donc certain que le monde n’a pas toujours existé].


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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 42.

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(Consulté le 01/03/2024)

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