À Charles Spon, le 14 mai 1649
Note [45]

Journal de la Fronde (volume i, fos 32 ro, 33 vo, et 34 ro) :

« Ledit jour, {a} on eut avis de Bordeaux que le traité d’entre M. d’Épernon et les Bordelais avait été signé et le premier article exécuté, lequel portait que la ville désarmerait et qu’en même temps M. d’Épernon éloignerait ses troupes, qui ont eu ordre d’aller en Catalogne. […]
Le même jour, {b} on apprit ici que les troupes du roi qui sont dans le Maine ayant fait des grands désordres dans les maisons de la province par l’ordre du marquis d’Amilly qui les commandait et qui voulait se venger du mauvais traitement qu’il avait reçu pendant le blocus de Paris lorsque le marquis de La Boulaye l’en chassa, ce gentilhomme avait envoyé appeler en duel ledit marquis d’Amilly par un homme qui lui dit avoir été choisi pour son second ; auquel ce marquis ayant voulu soutenir qu’il n’était pas gentilhomme, il en fut si outré qu’il poignarda ledit marquis sur-le-champ dans sa maison même. Le 18 on reçut les lettres de Bordeaux du 13, qui portaient que l’on y faisait encore bonne garde et que les Bordelais n’avaient pas licencié leurs troupes, qui sont de 3 000 fantassins et 800 chevaux, à cause qu’ils sont encore dans la méfiance que le duc d’Épernon ne veuille pas exécuter le traité, ni discontinuer le bâtiment {c} de la citadelle de Libourne et rendre le château de Langoiran {d} au président Daffis. L’on sut en même temps que les régiments de Persan et de Gramont continuaient leurs désordres en Poitou. »


  1. Le 11 mai 1649.

  2. 17 mai.

  3. Interrompre la construction.

  4. À 25 kilomètres au sud-est de Bordeaux, sur la rive droite de la Garonne.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 14 mai 1649. Note 45

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(Consulté le 18.04.2021)

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