À Claude II Belin, le 10 mars 1638
Note [5]

Le condottiere allemand Jean de Werth (Johann von Werth ; Büttgen, duché de Jülich, 1595-Benatek, Tchéquie, 1652), avait d’abord servi dans l’armée autrichienne, puis était passé au service de la Bavière pour combattre à Nördlingen (1634). Il avait battu Gassion en 1635 et envahi la Picardie l’année suivante avec les troupes espagnoles de Philippe iv. Fait prisonnier en 1637, il passa à Paris quatre années d’une assez douce captivité où tout le monde venait le visiter comme une curiosité. Libéré sur échange, il reprit sa carrière pour battre Rantzau à Dettlingen (1643), puis Turenne à Marienthal (1645) ; à Nördlingen (1645), il sauva l’armée impériale compromise après la mort de Mercy, le général en chef. Le traité de Westphalie (1648) mit fin à sa carrière militaire. Son nom défiguré (Jean de Vert) resta populaire en France et a passé en proverbe : C’est du bon temps de Jean de Vert, Je m’en soucie comme de Jean de Vert, pour dire que « c’est du temps passé », et « je ne m’en soucie plus » ; « Le monde, disait-on aussi, n’est rempli que de ces preneurs d’intérêt, qui, dans le fond, ne se soucient non plus de nous que de Jean de Vert ».

Autre condottiere fameux de la guerre de Trente Ans, le duc Bernhard de Saxe-Weimar (v. note [7], lettre 27), qui combattait en Allemagne pour le compte de Louis xiii, avait déjà en 1636, de concert avec le cardinal de La Valette, expulsé les Impériaux de Bourgogne. Il venait de remporter de nouveau sur eux la victoire de Rheinfeld (en Bade, le 3 mars), faisant prisonniers leurs généraux Jean de Werth, le duc Savelli et Ekenforth. Saxe-Weimar assiégea ensuite Brisach (Triaire).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 10 mars 1638. Note 5

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(Consulté le 21.01.2021)

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