À Claude II Belin, le 16 décembre 1652, note 5.
Note [5]

« Barbare, en termes de grammaire, se dit du langage, ou des termes impurs ou inconnus qui sont durs à l’oreille ou difficiles à entendre. Ce mot barbaros, selon Strabon, est dit par imitation. Les étrangers, quand ils venaient en Grèce, ebattarizon, id est balbutiebant, ils bégayaient, parlaient grossièrement. Cependant, on peut dire qu’ils appelaient barbares ceux dont ils n’entendaient pas le langage, tels qu’étaient les Persans, les Scythes, les Égyptiens. Scaliger tient que ce mot de barbare vient de l’arabe bar, qui signifie désert. Barbare, selon son sentiment, est un sauvage, un homme vivant dans les solitudes » (Furetière).

En matière de lettres latines, africain est synonyme de barbare. Les puristes reprochaient aux écrivains originaires d’Afrique du Nord, et tout particulièrement aux Pères africains de l’Église (Tertullien, saint Augustin, saint Cyprien, etc.), de ne pas respecter les canons du classicisme cicéronien, en farcissant leurs écrits de mots et de tournures qu’on a appelés africanismes (ou barbarismes).

V. note [7], lettre latine 112, pour mon expérience de cette langue barbelée à la laquelle j’ai été très souvent confronté dans l’édition de la Correspondance et autres écrits de Guy Patin.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 16 décembre 1652, note 5.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0298&cln=5

(Consulté le 14/04/2024)

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