À Hugues de Salins, le 25 novembre 1655
Note [5]

Scélotyrbe : « faiblesse et douleurs dans les jambes qui sont ordinairement un symptôme de scorbut. Ce mot est composé de jambe [skelos en grec] et tumulte, désordre [tubrê]. Ce terme se prend quelquefois pour le scorbut même et quelquefois aussi pour les remèdes qu’on emploie dans cette maladie. Les soldats de Germanicus furent attaqués de scélotyrbe pour avoir bu de l’eau d’une certaine fontaine sur les côtes de Frise » (L’Encyclopédie).

Stomacacé (nom masculin ; ou stomacace, féminin) : « mal qui est une espèce de scorbut et qui cause à ceux qui en sont atteints une extrême puanteur qui vient de la bouche et des gencives, ce qui l’a fait appeler stomacacé, du grec stoma, bouche, et de kakê, défaut, vice. Pline qui en parle dit que l’on gagnait ce mal en buvant de l’eau d’une fontaine qui était en Allemagne » (Thomas Corneille).

Au livre vii des Épidémies, § 47, Hippocrate a donné une description du scorbut, mais sans employer les mots scélotyrbe ni stomacacé (Littré Hip, volume v, pages 415‑417) :

« Cléochus, à la suite de fatigues et d’exercices, ayant usé de miel pendant quelques jours, il lui survint une tumeur au genou droit, surtout à la partie inférieure autour des tendons placés sous le genou ; il allait et venait boitant un peu ; le mollet enfla et se durcit, état qui gagna le pied et la cheville du côté droit ; aux gencives, près des dents, gros tubercules comme des grains de raisins, livides, noirs, indolents quand il ne mangeait pas ; les jambes aussi étaient indolentes quand il ne se tenait pas debout ; en effet, la tuméfaction avait gagné la jambe gauche, mais elle y était moindre. Les tumeurs autour des genoux et des pieds cédaient à la pression, comme si elles contenaient une matière purulente. Finalement, il devint incapable de se tenir debout et de marcher ; il s’alita. Chaleur fébrile parfois manifeste ; anorexie, peu de soif ; il ne pouvait même se lever pour se mettre sur la chaise percée, ayant des haut-le-cœur et parfois des défaillances. L’ellébore fut administré ; purgations de la tête ; pour la bouche, la poudre d’encens avec les autres ingrédients mélangés fut utile ; les ulcérations de l’intérieur de la bouche se trouvèrent bien de la décoction de lentilles. Vers le soixantième jour, les tumeurs se résolurent à la seconde administration de l’ellébore seulement ; des douleurs étaient venues aux genoux pendant le séjour au lit, du liquide et de la bile s’étaient déposés sur les genoux plusieurs jours même avant l’administration de l’ellébore. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Hugues de Salins, le 25 novembre 1655. Note 5

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(Consulté le 13.05.2021)

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