À André Falconet, le 21 novembre 1664
Note [5]

Marie de Maupeou (1590-1681), fille de Gilles de Maupeou d’Ableiges, contrôleur général de finances et intime collaborateur de Sully, avait épousé en 1610 François i Fouquet (mort en 1640). Douze des 15 enfants du couple atteignirent l’âge adulte : six fils, dont Nicolas, le surintendant des finances, était le deuxième ; et six filles, qui devinrent toutes religieuses. Femme d’une grande piété, particulièrement liée à la Visitation Sainte-Marie (dont le supérieur était Vincent de Paul) et aux dames de la Charité, Marie de Maupeou avait pour marotte la préparation de remèdes médicinaux. Ses recettes inspirèrent même le médecin de la famille Fouquet, Jean Pecquet (Petitfils c). Son Recueil de recettes où est expliquée la manière de guérir à peu de frais toute sorte de maux tant internes qu’externes, invétérés et qui ont passé jusques à présent pour incurables… (Lyon, Jean Certe, 1676, in‑12) a connu de nombreuses rééditions et augmentations.

La marquise de Sévigné (lettre à Pomponne, 20 novembre 1664, tome i, page 59) a aussi relaté la cure de la reine Marie-Thérèse :

« Mme Fouquet la mère a donné un emplâtre à la reine, qui l’a guérie de ses convulsions, qui étaient à proprement parler des vapeurs. La plupart, suivant leur désir, se vont imaginant que la reine prendra cette occasion pour demander au roi la grâce de ce pauvre prisonnier ; mais pour moi, qui entends un peu parler des tendresses de ce pays-là, je n’en crois rien du tout. Ce qui est admirable, c’est le bruit que tout le monde fait de cet emplâtre, disant que c’est une sainte que Mme Fouquet et qu’elle peut faire des miracles. »

Olivier Le Fèvre d’Ormesson (Journal, tome ii, pages 251‑252, jeudi 20 novembre 1664) :

« J’ai su que Mmes Fouquet et Charost {a} se sont jetées au pied du roi demandant miséricorde, et que le roi a passé avec une grande fierté ; que Mme Charost fut hier porter à la reine mère un emplâtre admirable pour les femmes après leurs couches ; que la reine {b} le reçut avec joie et le porta à la reine, {c} qui dit : “ Je le veux mettre ; Mme Fouquet est une sainte ”, et qu’en effet cet emplâtre lui a fait vider deux caillots de sang, gros comme la main, et que, dans le Louvre, on dit tout haut que c’est Mme Fouquet qui a guéri la reine ; il est vrai qu’elle a eu une bonne nuit et se porte bien mieux. »


  1. Fille du premier lit de Nicolas Fouquet.

  2. Anne d’Autriche.

  3. Marie-Thérèse d’Autriche.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 21 novembre 1664. Note 5

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0800&cln=5

(Consulté le 27.09.2021)

Licence Creative Commons