À Charles Spon, le 22 mars 1648
Note [50]

Levée par capitation et par contribution personnelle, la taille était un équivalent lointain de notre impôt sur le revenu. Nobles, ecclésiastiques et officiers du roi (comme étaient ses conseillers-médecins) en étaient exonérés. Elle épargnait aussi les pays d’états (Languedoc, Bretagne, Béarn, Bourgogne et provinces récemment réunies à la Couronne, qui étaient taxés de manière plus favorable, v. note [28], lettre 151). Le reste du royaume, où sévissait la taille ordinaire, était pays d’élections. Chaque province était divisée en élections, chacune subdivisée en paroisses. Évalué tous les ans en juillet, le montant de la taille était fixé en novembre suivant. Chaque trésorier de France (autrement dit de l’Épargne) confiait le recouvrement et la répartition de l’impôt dans sa province aux élus de ses élections. Ceux-là n’étaient pas élus au sens moderne, mais des « officiers royaux subalternes non lettrés » (Furetière) qui avaient acheté leur charge. Avec l’aide des asséieurs-collecteurs que désignaient les habitants de chaque paroisse, les élus établissaient l’assiette et recevaient le montant de la taille de chaque paroissien. La lourdeur de la taille était un sujet permanent de plainte : après avoir stagné entre dix et onze millions de livres de 1598 à 1632, son montant avait doublé de 1632 à 1639, puis avait atteint un pic de 53 millions en 1643 ; il oscilla ensuite entre 42 millions (1644) et 18,3 millions (1649) ; Colbert le stabilisa à partir de 1661 autour de 35 millions (F. Bayard, in D.G.S.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 mars 1648. Note 50

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(Consulté le 23.09.2019)

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