À Charles Spon, le 3 décembre 1649
Note [50]

V. note [40], lettre 207, pour les troupes envoyées en Guyenne au secours du duc d’Épernon. La négociation avec les frondeurs bordelais semblait alors bloquée ; Journal de la Fronde (volume i, fo 145 ro) :

« De Bordeaux, le 29 novembre 1649. Les jurats {a} ayant voulu aller à Lormond pour porter au maréchal du Plessis la délibération qui avait été prise à l’assemblée de l’hôtel de ville le 24 de ce mois, les commissaires du parlement s’en excusèrent et le parlement délibéra là-dessus que MM. du Saut et de La Vie, avocats généraux, iraient trouver ce maréchal pour lui faire entendre que s’il n’accordait les deux articles plus importants, qui sont le change {b} de M. d’Épernon et le rasement du château Trompette, que le corps de ville et le parlement seraient obligés de discontinuer le traité qu’ils avaient commencé avec lui. M. le maréchal ayant ouï ces propositions témoigna être ému {c} par la réponse qu’il fit à ces députés, leur ayant dit qu’il venait leur donner son congé, lequel il avait à demander au roi, voyant leur obstination à la guerre ; qu’il ne pouvait leur accorder ces articles comme il leur avait déclaré aux précédentes conférences ; mais puisqu’ils étaient dans cette résolution de ne vouloir point de paix qu’à ces conditions, qu’il leur déclarait de la part du roi et selon son pouvoir qu’ils étaient criminels de lèse-majesté et perturbateurs du repos public puisqu’ils ne voulaient point désarmer et que M. d’Épernon n’avait rien fait que par ordre du roi ; à quoi il ajouta qu’ils voulaient maintenant faire la guerre à Sa Majesté, qui n’avait point appréhendé {d} les armes de l’empereur ni du roi d’Espagne, et que Bordeaux seul voulait persévérer dans sa rébellion. »


  1. Manière de nommer consuls et échevins en Gascogne.

  2. Le rappel à la cour.

  3. Irrité.

  4. Craint.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 décembre 1649. Note 50

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0209&cln=50

(Consulté le 22.09.2019)

Licence Creative Commons