À André Falconet, le 17 mai 1667
Note [7]

Guy Patin donnait fidèlement la référence d’un abrégé anonyme paru à Paris chez Antoine Vitré, in‑12o et in‑18o, attribué à Aubery, Antoine Bilain ou Guy Joly (v. note [3], lettre 883). La version longue, publiée in‑4o et in‑12o par l’Imprimerie royale en 1667, était signée par Antoine Bilain et portait le titre de Traité des droits de la reine très-chrétienne sur divers États de la monarchie d’Espagne. Dialogue sur les droits de la reine très-chrétienne. L’édition latine, traduite par Jean-Baptiste Duhamel, s’intitulait Reginæ christianissimæ iura in ducatum Brabantiæ, et alios ditionis Hispanicæ principatus [Droits de la reine très-chrétienne sur le duché de Brabant, et d’autres principautés de la monarchie espagnole] (in‑4o de 293 pages). Tous ces ouvrages justifiaient la guerre de Dévolution.

Louis xiv (Mémoires, page 236) :

« Mais afin de ne rien oublier qui pût justifier mon procédé, je fis publier un écrit {a} où mes droits étaient établis, et envoyai nouvel ordre en Espagne pour demander les États qui m’appartenaient et pour déclarer que, si on me les refusait, je m’en mettrais en possession moi-même, ou du moins, de quelque chose d’équivalent. La reine régente répondit que le testament du feu roi, son mari, {b} défendant expressément l’aliénation de toutes les terres qu’il avait possédées, elle ne pouvait passer par-dessus cette loi. Mais Castel Rodrigo, {c} qui me voyait de plus près qu’elle, ne témoigna pas tant de fermeté ; car à peine étais-je parti de Saint-Germain, que je reçus de lui une lettre par laquelle, après quelques remontrances assez mal digérées, il me proposait de donner des députés, s’assurant, disait-il, que la reine, sa maîtresse, entrerait dans un raisonnable accommodement. Mais comme il était aisé de voir que la seule crainte de mes armes lui faisait faire cette proposition, je ne fis autre réflexion sur cette lettre que pour y remarquer la frayeur dont celui qui l’écrivait était saisi. Je me rendis le 19 mai dans Amiens où j’avais résolu de voir faire l’assemblée de mes troupes. Et parce que je savais que les Espagnols manquaient principalement de gens de guerre, je leur voulus donner une égale terreur de tous côtés afin qu’étant obligés de partager dans un grand nombre de garnisons le peu de forces qu’ils avaient, ils demeurassent partout également faibles. »


  1. Ce Traité des droits de la reine…
  2. Philippe iv.

  3. Gouverneur des Pays-Bas espagnols.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 17 mai 1667. Note 7

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(Consulté le 24.01.2021)

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