À André Falconet, le 23 juillet 1671
Note [8]

Toutes les sources concordant, on a corrigé en 10 juillet la date du 3 juillet, que donnent ici les précédentes éditions.

Mlle de Montpensier (Mémoires, seconde partie, chapitre xix, pages 298‑299) :

« Il vint des nouvelles que M. le duc d’Anjou était fort malade. Il avait toussé tout l’hiver depuis un grand rhume qu’il avait eu ; on disait que c’était la rougeole, <qu’>on l’avait laissé à l’air et qu’elle lui était rentrée. Les médecins disaient fort que non ; mais je me souviens que dans le temps qu’il commença à être malade, Mme de Rohan, qui se connaît en enfants, me dit : “ Si vous craignez la rougeole, n’approchez point de cet enfant, car il en a toutes les marques. ” Je n’approchai point. La reine me gronda et dit au roi : “ Ma cousine n’a pas approché d’aujourd’hui de mon fils ; elle s’imagine qu’il a la rougeole. ” Cet enfant, qui était le mieux fait et le plus joli du monde, traîna toujours depuis. La reine pleura fort et s’en alla à une abbaye auprès d’Ath. {a} En revenant, La Hillière, qui l’avait escortée, lui dit que l’on lui venait de mander du camp que l’on partait le lendemain matin. En arrivant le roi lui cria par la fenêtre de l’appartement de Mme de Montespan, où il était : “ Madame, nous partons demain, il vaut mieux s’en aller ; on serait trop en peine de mon fils. On en saura plus souvent des nouvelles. ”
On fut coucher au Quesnoy, {b} à Saint-Quentin, {c} à Compiègne, {d} à Luzarches. {e} Il était toujours mal le soir. Comme le roi soupait, M. de Lauzun revint de souper, qui parla au roi tout bas. Il me montra la reine, je jugeai bien que M. d’Anjou était plus mal. En sortant, il me dit : “ Il est à l’extrémité, mais il ne faut pas dire à la reine. ” Le matin {f} en m’éveillant, on me dit que M. de Condom était arrivé, et un petit fou, qui était à la reine, nommé Bricmini, entra dans ma chambre et me dit : “ Vous mourez vous autres grands, comme les autres ; votre neveu est mort. ” Je me dépêchai, j’allai chez la reine. Le roi était enfermé. Je la trouvai très affligée ; je causai un peu avec M. de Lauzun, je le priai de m’avertir quand on pourrait parler au roi. Il me vint quérir, j’allai dans sa chambre. Il était très touché, et il avait raison. Je l’étais beaucoup. On le peut juger par la grande affection que j’ai pour ma Maison et par le respect et l’amitié que j’ai pour le roi. »


  1. Dans le Hainaut.

  2. Le 7 juillet.

  3. Le 8 juillet.

  4. Le 9 juillet.

  5. Le 10 juillet.

  6. Du 10 juillet.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 23 juillet 1671. Note 8

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(Consulté le 10.07.2020)

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