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À Charles Spon, le 3 mars 1662

Monsieur, [a][1]

Je fus hier au Collège royal [2] où je commençai mes leçons [3] en bon nombre d’auditeurs, Dieu merci. Le libraire M. Josse, [4] auquel j’ai délivré votre paquet, m’a assuré qu’il était parti et qu’il vous sera rendu franc de port. Je vous prie de l’avoir agréable, combien que ce soit peu de chose au prix de ce que je vous dois. Peut-être que l’occasion nous fournira par ci-après le moyen de mieux faire, je vous prie de prendre toujours cela en attendant, d’aussi bon cœur que je vous l’offre. Il n’y a rien ici de nouveau, sinon que le roi [5] a été au Parlement [6] où il s’est fait déclarer duc de Lorraine [7] en vertu de la vente que lui a faite le duc [8] qui n’en est pas le maître ; sauf à attendre la ratification de tous ceux qui y prétendent intérêt et qui pensent y avoir quelque droit, soit par leurs naissances ou par leurs femmes, comme fait M. de Vendôme [9] qui en a présenté une belle requête au roi. [1] On parle ici d’un beau carrousel [10] que le roi veut faire au plus tôt et qui, nonobstant la cherté du pain [11] et de toute autre chose, coûtera bien de l’argent, sed nihil curæ talia sunt Hippoclidi[2][12] Le carrousel eût été joué et exécuté devant Pâques, mais les apprêts ne peuvent être prêts que dans deux mois d’ici. On ne dit rien de nouveau de la Chambre de justice [13] ni de M. Fouquet, [14] mais tout le monde est en attente. Obligez-moi de présenter mes très humbles baisemains à MM. Huguetan et Ravaud, et leur dire que je les prie le plus tôt qu’ils pourront, de m’envoyer, dans quelque balle qui se fera pour Paris, Quæstiones medico-legales Pauli Zacchiæ[3][15] que vous leur paierez comptant, s’il vous plaît, et je vous le ferai rendre par le commis de M. Troisdames. [16] Je suis fort pressé de ce livre et voudrais bien l’avoir pour l’envoyer à Bruxelles, [17] c’est pourquoi ils m’obligeront de me l’envoyer au plus tôt. Vale cum tua et D. Falconet. Datum Parisiis, die Veneris, 3a Martii 1662.

Tuus ex animo, Guido Patin[4]


1.

César de Vendôme, fils bâtard d’Henri iv et de Gabrielle d’Estrée (v. note [7], lettre 957), avait épousé en 1609 Françoise de Lorraine-Mercœur.

2.

« mais Hippoclide se moque bien de telles choses » (Hérodote, v. note [10], lettre 655).

3.

V. note [10], lettre 568, pour les « Questions médico-légales » de Paolo Zacchias (Lyon, 1661).

4.

« Portez-vous bien, ainsi que votre femme et Me Falconet. De Paris, ce vendredi 3e de mars 1662. Votre Guy Patin de tout cœur. »

a.

Ms BnF no 9357, fo 354, « À Monsieur/ Monsieur Spon,/ Docteur en médecine,/ À Lyon ».

Lettre quer Guy Patin a dictée, seules la signature et l’adresse sont de sa main. Au revers, de l’écriture de Charles Spon : « 1662./ Paris, adi 3 mars./ Lyon, adi 8 dudit,/ par M. Falconet./ Risp./ Adi 14 mars. »


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Charles Spon à Guy Patin, le 3 mars 1662.
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(Consulté le 22.11.2019)

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