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Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 9  >

[Ms BIU Santé no 2007, fo 241 ro | LAT | IMG]

Un traitement des vers intestinaux
[mémorandum non daté]

Traitement des vers. [a][1][2]

À la manière d’une ruse de guerre, le traitement des vers consiste à faire prendre des substances amères par la bouche : l’horreur qu’ils en ont, car ce sont les saveurs agréables qui les engendrent, pousse les vers soit à fuir vers le bas, tête la première, soit à être tués. Une fois morts, ils sont très facilement expulsés sous l’effet de la nature et d’un cathartique évacuant. [3] Pour ce double effet, mettre en fuite et tuer les vers, d’une part, et évacuer ceux qui sont morts, d’autre part, un puissant remède est la rhubarbe, [4] et surtout l’eau de rhubarbe infusée dans une décoction d’absinthe, [5] ou de pourpier, [6] qui tue les vers par son acidité et sa viscosité. Ils meurent après que toutes ces substances ont été administrées, car elles suppriment la transpiration [7] qui seule leur permet vivre. En outre, on diluera cette décoction dans de l’eau de scordium, qui possède des effets remarquables dans cette indication, à la fois spécifiques, car il est cardiaque [9] et résistant à la putréfaction, et manifestes, parce qu’il a une odeur d’ail. [1][8] Il faut injecter par le bas les substances agréables, comme sont les clystères de lait et de sucre, [10][11][12] parce que les vers se ruent sur ce qui est doux. On doit appliquer des fomentations [13] sur l’ombilic : cataplasmes [14] et onctions de substances amères, comme la thériaque, [15] qui agit puissamment contre le vagabondage de toutes les bêtes et contre le préjudice qu’elles causent. [2]

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a.

Manuscrit autographe de Guy Patin ; Pimpaud, Document 9, pages 35‑36.

1.

« Plante qui est une espèce de germandrée, […] le scordium est apéritif et sudorifique, propre pour rétablir l’appétit, pour purifier le sang, pour faire mourir les vers » (Trévoux). Il porte aussi le nom de grande germandrée ou germandrée aquatique, qui dégage une odeur d’ail (skorodon en grec). L’eau de scordium portait le nom de diascordium.

2.

Guy Patin détestait la thériaque. Ce mémorandum autographe est probablement la copie d’un texte qu’il avait dû trouver curieux, mais dont je n’ai pas trouvé la source.

s.

Ms BIU Santé 2007, fo 241 ro.

De vermium curatione.

Stratagematica velut vermium curatio est [am]ara ore exhibeantur,
sic n. vel fugati deorsum præcipites feruntur, rerum amararum odio, cùm
dulcib. generentur, vel necantur. Mortui. a. faciliùs naturæ et cathartico
expellenti cedunt : in eam rem utroq. nomine, et fugando necandóq. et enectos
excremendo valet rheum et aqua rhei in decocto absynthij infusi ; vel portu-
lacæ, quæ sua aciditate et viscositate necat ; qua inserta omnia prohibita trans-
piratione qua sola vivunt, necantur : infunditur et in aqua scordij, quod ad eam rem
vires habet insignes, tum specificas, quatenus cardiacum et putredini resistens : et mani-
festas, quod allium redolet : dulcia per inferiora oportet ingerere, ut clysteres ex
lacte et saccharo, quod vermes ad dulcia accurrant : Umbilico sunt imponendi fotus,
cataplasmata et litus ex amaris, ut theriaca, quæ adversus omnium ferarum
grassationem, earúmq. necem plane noxam plurimùm valet.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits. Consultations et mémorandums (ms BIU Santé 2007) : 9

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(Consulté le 27/02/2024)

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