De Christiaen Utenbogard, le 21 août 1656

Note [13]

« S’étonnent que les pères de la patrie tolèrent les crimes ».

J’ai respecté la mise en page du manuscrit en plaçant cette parenthèse entre deux alinéas, pour en faire une citation. La source de ce latin me semble tortueusement issue de la page 538 de la Lusitania liberata ab Injusto Castellanorum dominio… Per D. Antonium de Sousa de Macedo Lusitanum, Aulæ Generosum, Regii Ordinis Christi Equitem, ac Commendatorium ; in supremo Lusitaniæ Senatu Senatorem, Expeditoremque gravaminum, atque appellationum… [Lusitanie libérée de l’injuste domination des Castillans… par M. Antonio de Sousa de Macedo, gentilhomme portugais, chevalier et commandeur de l’Ordre du Christ-Roi ; conseiller en la Cour suprême de Portugal, et commissaire des requêtes et des appels…] (Londres, Richardus Heron, 1645, in‑4o) :

Noverunt Lusitani, libelli finem esse, legitimam fingere eorum servitutem ; et gravius, quam servitutem, videbant sævissime calumniatos Principes quos non solum recordabuntur Reges, sed patres ; mirabantut Castellanum Philippum 4. tolerare nefanda scripta, infamantia splendorem nationis, dignitatem Regni, et honorem illorum quos avos agnoscebat ; unde inferebant animum ejus qui, ut illos perderet, injurias proprias non recusabat.

[Les Portugais savaient que le libelle {a} avait dessein de légitimer leur servitude ; et pire que leur servitude, ils voyaient très cruellement calomniés leurs princes dont ils se souvenaient non seulement comme de leur rois, mais comme de leurs pères, en s’étonnant que le Castillan Philippe iv {b} tolérât des écrits criminels, {c} infamants pour la splendeur de leur Nation, la dignité de leur royaume et l’honneur de ceux qu’il reconnaissait pour aïeux ; d’où ils déduisaient l’esprit ce celui qui, pour les perdre, ne refusait pas de les injurier proprement].


  1. Philippus prudens Caroli v. Imp. Filius Lusitaniæ, Algarbiæ, Indiæ, Brasiliæ legitimus Rex demonstratus. A D. Ioanne Caramuel Lobkowitz Religioso Dunensi Ord. Cister. S.T. Doctore Lovaniensi et Melrosensi Abbate [Le sage Philippe, {i} fils de l’empereur Charles Quint, est prouvé être le roi légitime de Lusitanie, d’Algarve, d’Inde, de Brésil. Par don Juan Caramuel y Lobkowitz, {ii} religieux de l’Ordre de Cîteaux en l’abbaye des Dunes, {iii} docteur en théologie sacrée de Louvain et abbé de Melrose] {iv} (Anvers, Balthasar Moretus, 1639, in‑4o). {v}

    1. Philippe ii, roi d’Espagne en 1556, fut aussi roi du Portugal de de 1580 à sa mort en 1598.

    2. Madrid 1606-Vigevano 1682.

    3. Près de Furnes (Flandre-Occidentale).

    4. En Écosse.

    5. Avec un frontispice fort éloquent.

  2. Roi d’Espagne de 1621 à 1665.

  3. Mise en exergue du passage que Christiaen Utenbogard me semble avoir emprunté, dont il aurait altéré le sens, la ponctuation, la syntaxe {i} et le contexte. {ii}

    1. En passant de l’adjectif nefandus [criminel] au substantif nefandum [crime].

    2. En glissant audacieusement des revendications espagnoles sur la Couronne de Portugal sous le règne de Jean iv (1640-1656, v. note [27], lettre 86) aux querelles religieuses hollandaises de 1656, où sévissait une tout autre forme de despotisme.

Amersfoort est une ville de la province d’Utrecht, située à 17 kilomètres au nord-est de sa capitale. Ses pasteurs résistaient au fanatisme de ceux d’Utrecht.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Christiaen Utenbogard, le 21 août 1656, note 13.

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(Consulté le 22/04/2024)

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