L. 74.  >
À Claude II Belin,
le 26 novembre 1642

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Monsieur, [a][1]

La présente ne sera que pour vous faire savoir que je suis toujours votre serviteur et pour me rafraîchir en votre mémoire. Il m’ennuie que je ne sais de vos nouvelles. M. Sorel, [2] depuis son retour de Montpellier, [3] m’a fait l’honneur de m’écrire. Je lui fais réponse que je vous prie de lui donner. Si vous n’étiez là pour le bien conseiller, je lui en aurais dit davantage. Je vous prie néanmoins de faire en sorte qu’il ne trouve pas mauvais ce que je lui écris ; neque enim malo animo scripta sunt[1] honni soit qui mal y pense. Si quelqu’un en doutait de delà, je vous prierais d’être mon garant envers eux. M. Sorel [4] le comique, historiographe et Parisien, m’a ici raconté le bon récit que vous et M. Allen [5] lui aviez fait de moi ; [2] je vous en remercie tous deux. M. Naudé, [6] notre bon ami, fait ici imprimer la Vie de Cardan [7] par petits chapitres, comme les Césars sont dans Suétone ; [3][8] ce sera un œuvre fort divertissant. Son Éminence [9] est enfin arrivée ici ; on dit qu’il se porte mieux. Sedan [10] est rendue au roi [11] et M. de Bouillon [12] en liberté ; [4] mais le pauvre M. de Thou [13] a passé le pas. Le roi et la reine [14] sont à Saint-Germain. [15] On dit que la reine d’Angleterre, [16] qui est de présent en Hollande, [5][17] doit ici faire un voyage bientôt. On parle aussi d’un grand traité de paix, [18][19] pour lequel le cardinal Mazarin [20] doit être envoyé en Allemagne ; de cuius eventu Deus ipse viderit[6][21] Le duc de Parme [22] continue toujours la guerre au pape [23] et a mis depuis peu la terreur de ses armes jusques dans Rome. La guerre, qui empêche le commerce, est cause qu’il ne nous vient aucun livre des pays étrangers ; j’apprends néanmoins qu’à Londres on a imprimé en deux tomes in‑fo les Épîtres d’Érasme. [24] Quand M. de Saumaise, [25] qui est encore en France, sera retourné en Hollande, on achèvera l’impression d’un sien œuvre fort désiré, qui est De Primatu Petri ; [7] il a beaucoup d’autres choses à nous donner que nous pouvons espérer de lui avec le temps. Deus illi longos annos impertiat in commodum reipublicæ literariæ[8] Je vous baise les mains, à Mme Belin, à Messieurs vos frères et M. Allen, et serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Patin.

De Paris, ce 26e de novembre 1642.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 26 novembre 1642

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(Consulté le 15.10.2019)