L. 73.  >
À Charles Spon,
le 24 novembre 1642

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Monsieur, [a][1]

J’ai reçu la vôtre du sieur Columbanus, [1][2] qui est un honnête homme ; vous m’avez obligé de m’en donner la connaissance. Je me repose sur votre parole touchant M. Daléchamps. [3] Je vous garde des thèses [4] et ai mis avec icelles un nouveau catalogue des docteurs en médecine de notre École [5] qui s’imprime de deux en deux ans aussitôt qu’il y a un nouveau doyen. [6] J’ai pensé l’être tout de bon car on a coutume d’en nommer trois, que l’on met dans un chapeau, unde qui primus a veteri decano depromitur, ille est decanus[2] MM. Perreau, [7][8] de La Vigne [9] et Patin ont dansé ensemble dans le chapeau. Le sort, qui m’est toujours contraire et qui jamais ne m’a été favorable, tomba sur M. de La Vigne, qui est un excellent homme, et très digne de cet honneur qui est accompagné d’une très lourde et très pénible charge. Je ferai un petit paquet des thèses et des autres choses que je trouverai dignes de vous, et vous l’enverrai dans un des paquets de M. Jost [10] à M. Borde, [11] libraire à Lyon, [3] ou bien je me servirai de toute telle autre voie que vous m’indiquerez si vous changez celle-là. Dieu vous fasse la grâce de pouvoir recouvrer vos manuscrits d’Allemagne. [12] Je m’étonne fort comment on n’envoie point ici du premier tome de Zacutus, [13] duquel pas un de nos libraires n’a encore rien reçu. [4] Pour La Framboisière, [14] je puis bien vous donner un bon avis : c’est que j’ai céans la copie toute revue et corrigée, que l’auteur même, qui était fort mon ami, m’a laissée avant que de mourir, le tout écrit de sa propre main. Si celui qui le fait réimprimer y veut penser, je la lui enverrai ; il pourra en obtenir un privilège, et le tout ne lui coûtera que quelques copies qu’il me donnera et une couple pour vous, pour votre peine. [5] Prenez la peine de voir s’il est encore assez temps. Pour le Commentaire sur les Épidémies d’Hippocrate[15] j’ai grande envie de le voir. [6][16] Vos libraires de Lyon, qui cherchent à imprimer quelque chose qui se débite aisément, devraient imprimer La Sagesse de Charron [7][17] ou les Colloques d’Érasme, [18] in‑8o, comme autrefois a fait Gryphe ; [19] ou bien plutôt ses Épîtres, qui sont un bon in‑fo, très bon, mais très rare et en récompense, très nécessaire, corruptissimis hisce temporibus ; [8] mais je ne sais s’ils ne craindraient pas les loyolites, [20] qui voient plus clair qu’Argus, [21] qui totus oculeus fuisse perhibetur[9] M. Du Val, [22][23] notre ancien doyen, fait ici imprimer quelque chose de sanctis Medicis qui est une bagatelle de l’autre monde, [10] cui subiunget orationem publice habitam de numero quaternario[11][24][25] à cause des quatre licenciés [26] de notre dernière licence. Cette harangue ne sera pas mauvaise ; dabo operam ne careas[12] comme de toute autre chose qui viendra à ma connaissance. [13] Faites-moi la faveur de m’aimer toujours et de croire que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Patin.

De Paris, ce 24e de novembre 1642.

Je vous prie de me mander le nom de votre rue. Pour mes lettres, inscrivez-les à votre serviteur, rue des Lavandières, près la chapelle aux Orfèvres, devant l’Étoile. [14][27] Je n’ai jamais douté que l’Hipparchus ne fût du P. Th. R. ; [15][28][29] son style ne le montre que trop, mais j’en doute encore moins que jamais. [16]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 24 novembre 1642

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(Consulté le 14.12.2019)