L. 987.  >
À André Falconet,
le 18 juin 1670

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Monsieur, [a][1]

Enfin, le P. Annat, [2] jésuite et confesseur du roi, est mort ici le 14e de juin, il avait 83 ans. M. le chancelier [3] qui est de cet âge-là est aussi dangereusement malade d’une maladie incurable à cause des années. [1] Nous avons aussi M. le lieutenant civil D’Aubray [4] fort malade de vomissements et dégoût, qui se plaint fort d’un médecin qu’il a eu par ci-devant. C’est Eusèbe Renaudot, [5] qui ne valut jamais rien. Ce qui est encore pis, on dit que MM. Esprit [6] et Brayer [7] lui veulent donner du vin émétique [8] ou énétique, car c’est ainsi qu’il le faut nommer ab enecando[2] c’est pour aller encore plus tôt en paradis, où Dieu le conduise par sainte grâce. Enfin il est mort accablé de symptômes et de charlatans. Il est mort tombé dans la fosse qu’il avait creusée : [9] c’était de sa charge de chasser les charlatans [10] de la ville et néanmoins, il leur a commis sa santé. Si les gens de qualité étaient sages, ils ne se fieraient point à eux ; mais ils ne veulent point mourir méthodiquement et selon les règles. [3][11] Je suis, etc.

De Paris, ce 18e de juin 1670.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 18 juin 1670

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(Consulté le 20.10.2019)