L. 1001.  >
À André Falconet,
le 17 mars 1671

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Monsieur, [a][1]

Je présiderai, Dieu aidant, bientôt à une thèse cardinale [2] laquelle conclura ainsi : Ergo febris pestilenti theriaca venenum[1][3][4] pour refuser l’erreur commune et populaire d’un tas de barbiers [5] ignorants et autres charlatans [6] qui, entendant le mot de peste, [7] pour amasser de l’argent, promettent sa guérison par la thériaque qu’ils ne connaissent ni n’entendent. La thériaque des anciens ne fut jamais inventée pour la peste, seulement pour les morsures des animaux venimeux ; encore ne voudrais-je point m’y fier. Andromachus, [2][8] médecin de Néron, [9] n’était qu’un charlatan et fort ignorant ; par conséquent, digne opérateur de ce tyran qui fit tant de mal avant que de mourir, et qui entre autres, fit empoisonner son frère Britannicus [10][11] et assommer sa mère Agrippine [12] qui était une méchante chenille, [3] indigne de si bons père et mère. Elle était fille de Germanicus, [13] le meilleur de tous les bons princes, et de cette Agrippine [14] qui était si femme de bien qu’elle en était glorieuse, au dire de Tacite [15] qui en a si illustrement parlé dans ses Annales[4] Je ne veux pas oublier d’ajouter à l’éloge de Néron qu’entre autres crimes, il fit brûler la ville de Rome, qu’il fit empoisonner son brave gouverneur Burrhus [16] et mourir son précepteur Sénèque, [17] et qu’il fut le premier persécuteur des chrétiens, comme assure Tertullien [18] dans son Apologétique[5] que Scaliger [19] a nommé quelque part le boucher de l’ancien christianisme ; mais laissons là ce tyran. M. Boucherat, [20] doyen de la Chambre des comptes, est ici mort âgé de 96 ans. Il savait par cœur son Homère [21] grec et était père du conseiller d’État. [6][22] Vale.

De Paris, ce 17e mars 1671.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 17 mars 1671

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(Consulté le 14.11.2019)