L. 1022.  >
À Johann Caspar I Bauhin,
le 2 septembre 1633

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Monsieur, [a][1]

J’ai reçu la vôtre datée du 7e d’août dernier, de laquelle je vous remercie. Je suis bien aise qu’avez reçu les deux miennes, mais j’ai bien du regret que je n’aie reçu les vôtres, desquelles je n’ai reçu aucune depuis 6 mois. [1] Je suis bien aise que chez vos libraires se rencontrent quelques-uns des livres que je désire, lesquels je vous prie de faire acheter le plus tôt que pourrez, et les faire tenir à M. Machet à Soleure, [2][3] qui vous remboursera de l’argent qu’ils auront coûté et qui paiera le port desdits livres depuis Bâle jusqu’à Soleure ; lesquels, par après, il me fera tenir. Mais je vous prie de prendre tout ce que vous trouverez de ce qui est contenu en mon mémoire et de plus d’icelui, que pourrez en recouvrer ; et surtout, de n’oublier, s’il y a moyen, Decades Medicarum disputationum selectarum, imprimées en votre ville de Bâle in‑4o Sumptibus Ioan. Iac. Genathi[2][4][5] On m’a dit qu’il y en a huit ou neuf décades ; je désirerais fort le tout s’il y avait moyen car ce que j’en ai vu me plaît fort. Je prie pareillement le libraire de les bien collationner avant que de les empaqueter, afin qu’il n’y ait rien d’imparfait. Le reste, que vos libraires vous ont promis de la foire de Francfort, [6] me serait bien nécessaire, et le désirerais fort si cela se peut faire sans vous incommoder. Pour ceux qui ne se peuvent trouver, il n’y a remède, il faut avoir patience ; quelque jour, Dieu aidant, nous les trouverons. J’ai fait ici imprimer in‑4o en v volumes toutes les œuvres de Sennertus, [7] et on a aussi imprimé à Lyon sa pratique in‑8o, sed in utraque editione plura sunt menda typographica quam deceret[3] Si jamais vous récrivez audit Sennertus, eum si placet saluta meo nomine[4] Je vous prie de me mander particulièrement de votre santé, an sis uxoratus, quot liberorum sis pater[5] et si vous ne faites rien imprimer de vous ou de Monsieur votre père. [9] Notre roi et M. le Cardinal sont en Lorraine alentour de Nancy. [10][11] La reine mère a été malade en Flandre ; [12] le roi y a envoyé d’ici deux de nos médecins, M. Piètre l’ancien et Riolan. [6][13][14] Quand elle a été guérie, elle a voulu retenir le premier, qui l’a refusé ; au refus duquel, M. Riolan y est demeuré, qui sera son médecin à la place de M. Du Chemin, [15] qu’elle renvoie ici et auquel elle ne se fie pas assez. Magnum est hic bellum literarium inter Iesuitas et Sorbonitas, pro jure Episcoporum[7][16][17][18] Nous avons perdu, il y a tantôt deux mois, le Médecin charitable, duquel j’ai ouï dire qu’on avait mis les œuvres en latin en vos quartiers. [8][19] Si vous le rencontrez, je vous prie de le mettre dans le paquet avec les autres livres, comme aussi quicquid reperietur [9] des deux médecins nommés Stupanus, desquels je n’ai rien du tout céans ; je pense que tous deux étaient de Bâle. [20][21] Je prie Dieu que puissiez recouvrer et m’envoyer les 6 livres que vos libraires vous ont promis de la foire de Francfort, qui sont : Iul. Alex. Salubria[22] Seidelius de Morbis incurabilibus[23] Tidicæus de Theriaca[24] Horstii Quæst. de exercit. pharmac.[25] Erastus advers. Astrol.[26] Physica Neandri ; [10][27] je vous prie de faire en sorte que je les puisse avoir. Excusez-moi de tant de peines que je vous donne et de tant de hardiesse que je prends ; mais en récompense, je vous prie de ne m’épargner point. Je récris à M. Machet et lui donne charge de vous rembourser de tout ce qu’avez employé pour moi ; ce que je m’assure qu’il fera à votre contentement. Je baise les mains à M. Platerus et suis,

Monsieur,

votre très humble et affectionné serviteur,

Patin.

De Paris, ce 2 septembre 1633.

Je m’enquerrai de M. Sionita, [11][28] il me semble qu’il y a longtemps que je ne l’ai vu. S’il s’est fait en votre Université quelque belle thèse de médecine, je vous prie de m’en faire part avec le paquet. En échange, je vous en enverrai d’ici l’hiver prochain, s’il s’en fait de belles, en cas qu’en soyez curieux. [29]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Caspar I Bauhin, le 2 septembre 1633

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(Consulté le 17.08.2019)