L. latine 133.  >
À Christiaen Utenbogard,
le 26 mars 1660

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[Ms BIU Santé 2007, fo 84 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Christiaen Utenbogard, docteur en médecine, à Utrecht. [a][1]

Je ne sais pas encore si vous avez reçu de notre ami M. Vander Linden mon humble petit présent ; [2] j’espère du moins qu’il vous le remettra rapidement. Si vous excusiez la modestie du cadeau, vous me lierez à vous par un très grand bienfait. J’attendrai patiemment le 3e tome des Disputationes de Voetius ; [1][3] mais suis bien plus impatient de vous voir, si vous vous déplacez en personne ; mais il n’y a pas encore de raison pour vous mettre en route si vous songez à venir assister aux festivités publiques qu’on célébrera à Paris le jour où notre roi y reviendra en compagnie de sa nouvelle épouse, et où il fera son entrée dans la ville en très grande pompe, telle qu’on n’en a peut-être jamais vu. [4][5] J’apprends en effet que le roi d’Espagne a retardé ce mariage : [6] empêché par un petit écart de santé, il ne veut pas se mettre en route aussi vite qu’il l’avait promis. Il avait créé chez sa sœur, Anne d’Autriche, notre reine, l’espoir que cette union espagnole, qu’elle a recherchée à tout prix et qu’elle a jusqu’ici excessivement désirée, garantisse dorénavant sa propre sécurité. [7] Dieu veuille que, pour elle comme pour nous, cette affaire réussisse, voilà ce que je souhaite ardemment. Je salue de tout cœur les savants hommes de votre pays, MM. Regius, Æmilius, Canter, van Diemerbroeck. [8][9][10][11] Que Dieu tout-puissant préserve pendant de nombreuses années votre ambassadeur, le très noble et très illustre M. de Thou ; [12] je confesse lui être extrêmement redevable de s’être encore souvenu de moi. Que l’auteur et le père de tout ce qui existe nous le conserve, dis-je, et qu’il bénisse sa famille, à laquelle je souhaite de grand cœur toute sorte de félicité. Le bruit sur la mort du roi de Suède est ici confirmé et tout à fait certain ; [13] on en espère un changement dans nos affaires, pour ce qui regarde l’empereur. [14] Quand donc le second tome des Poemata de Hugo Grotius verra-t-il le jour ? Vous pourriez le savoir de M. Willem Grotius, son frère, [Ms BIU Santé 2007, fo 85 ro | LAT | IMG] qui les a entre les mains, comme Hugo me l’a très souvent dit ; ce fut hélas ! mon très grand ami autrefois et je le pleure souvent. Saluez s’il vous plaît < son frère > de ma part et apprenez cela de lui. [2][15][16] Notre roi, avec son frère, la reine mère, Mazarin et toute la cour, séjourne encore en Gaule Narbonnaise et autour de Marseille. [3][17][18][19] Pour rappeler ses habitants à leurs devoirs, il y fait bâtir une citadelle, et même tend un piège à leur liberté, dont ils ont jusqu’ici usé avec éclat, pour que dorénavant ils apprennent à supporter le joug et que, comme les autres Français, indignes de la vertu de leurs ancêtres, ils endurent puissamment les filouteries italiennes. [4] Je n’ai rien de nouveau à vous écrire sur les affaires littéraires. Un imprimeur de Lyon se met en devoir de publier les œuvres complètes de Jérôme Cardan, qui feront dix tomes in‑fo[5][20] Portez-vous bien, illustre Monsieur, et continuez de m’aimer comme vous avez fait jusqu’à présent.

De Paris, le 26e de mars 1660.

Vôtre en tout, Guy Patin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 26 mars 1660

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(Consulté le 19.10.2019)