À Claude II Belin, le 6 septembre 1650
Note [1]

La Ferté-Milon, alors en Île-de-France (Aisne), se situe au sud de Villers-Côterets, sur l’Ourcq, aux confins des départements de la Seine-et-Marne, de l’Oise et de l’Aisne, à environ 70 kilomètres au nord-est de Paris.

Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) n’en est qu’à une cinquantaine, entre Meaux et Senlis.

La situation militaire en Picardie devenait critique (Journal de la Fronde, volume i, fo 285 vo, en date du 27 août 1650) :

« Les ennemis ayant pris Pontavert, {a} passèrent la rivière d’Aisne et vinrent attaquer la petite ville de Fismes {b} dans laquelle M. d’Hocquincourt s’étant jeté avec quatre à cinq cents chevaux, s’y défendit assez longtemps ; mais les ennemis ayant passé la petite rivière {c} à gué en quatre ou cinq endroits que les paysans leur avaient montrés, ils se mirent en défense sur le pont ; où voyant qu’ils venaient de toutes parts et que les habitants de la ville ne se voulaient pas défendre, il fut contraint de faire une honorable retraite, après avoir perdu plus de 200 des siens ; et reçut lui-même quatre coups de mousquet et trois coups de pistolet sur la cuirasse sans avoir été blessé, et s’en alla avec le reste de ses troupes à Soissons. En même temps les ennemis étant entrés dans la ville, la pillèrent ; et M. de Turenne s’en étant détaché avec quatre mille chevaux, s’avança à Fère-en-Tardenois, {d} tant pour obliger par cette diversion le maréchal du Plessis à quitter les environs de Reims que pour piller l’Île-de-France et la Brie, et alarmer Paris. M de Bouteville et le comte de Grandpré, qui étaient avec M. de Turenne, s’avancèrent le lendemain avec des coureurs jusque vers Nanteuil {e} et autres lieux de l’Île-de-France et firent sommer La Ferté-Milon {f} de se rendre, laquelle fit d’abord sa composition et s’obligea de fournir aux ennemis certaine quantité de rations de pain, qu’elle fit faire, et d’autres vivres, et de recevoir M. de Turenne dans la ville avec sa Maison, à condition que ses troupes demeureraient dans les faubourgs et aux environs, ce qui fut exécuté ; et cependant, sa cavalerie continua ses courses aux lieux circonvoisins. Le gros de l’ennemi vint camper à Fère-en-Tardenois, ce qui donna une telle épouvante à toute l’Île-de-France et à la Brie que du depuis, les habitants de cette contrée-là ont apporté dans Paris ce qu’ils avaient de meilleur ; en sorte qu’on a remarqué qu’il est venu dans trois jours plus de dix mille charrettes chargées de meubles, blé et autres denrées pour les garantir des mains des ennemis. »


  1. Dans le département de l’Aisne, à mi-chemin entre Reims et Laon.

  2. Dans le département de la Marne, 23 kilomètres à l’ouest de Reims (v. note [14], lettre 539).

  3. La Vesle.

  4. 25 kilomètres au sud de Soissons.

  5. Nanteuil-le-Haudouin (Oise), 20 kilomètres au sud-est de Senlis.

  6. Dans le département de l’Aisne, 10 kilomètres au sud de Villers-Cotterêts.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 6 septembre 1650. Note 1

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0241&cln=1

(Consulté le 02.12.2022)

Licence Creative Commons