À Charles Spon, le 15 juillet 1661, note 1.
Note [1]

Jacques Gaffarel (Mane, Alpes de Haute-Provence 1601-Sigonce, ibid. 1681), docteur en théologie et en droit canonique, protonotaire apostolique (v. note [19] du Patiniana I‑3), prieur commendataire de Saint-Gilles et de Saint-Omeil, prieur du Revêt de Brousse (diocèse de Sisteron), dont Bayle écrit qu’il :

« savait les langues orientales et plusieurs autres, et il se piquait presque de tout, et principalement des sciences occultes et cabalistiques. Le cardinal de Richelieu le choisit pour son bibliothécaire et l’envoya en Italie pour ramasser les meilleurs livres manuscrits et imprimés qui se pouvaient trouver. M. de La Thuillerie, ambassadeur de France à Venise, le voulut avoir auprès de lui comme son homme de lettres. Gaffarel publia un livre intitulé Curiosités inouïes {a} qui fit un grand bruit et que la Sorbonne censura. Il fut obligé de donner ses rétractations car ayant des bénéfices, il ne pouvait pas se commettre impunément sur le chapitre de l’orthodoxie. Avant ce temps-là, il s’était vu exposé à beaucoup de mauvais soupçons et il y a beaucoup d’apparence qu’il avait des opinions fort particulières. On prétend que le cardinal de Richelieu {b} voulut l’employer à sa grande affaire de la réunion des religions et qu’afin de sonder le gué, il l’autorisa de prêcher contre la doctrine du purgatoire. » {c}


  1. Curiosités inouïes sur la sculpture talismanique des Persans, horoscope des patriarches et lecture des étoiles (Paris, Hervé du Mesnil, 1629, in‑8o de 644 pages).

  2. En 1625, Gaffarel avait dédié un de ses sulfureux ouvrages {i} au cardinal de Richelieu, « auquel il disait que son prénom Armand en hébreu voulait dire palais, et qu’il était donc “ le palais magnifique de l’Église du Christ ”. Hébraïsant, parce que “ la langue hébraïque fut celle-là même que parla Adam ”, Gaffarel définit la Cabale {ii} comme “ l’explication mystique des Écritures, explication qui fut transmise avant et après la venue du Christ ”. » {iii}

    1. Abdita Divinæ Cabalæ Mysteria, contra Sophistarum Logomachiam defensa… [Mystères cachés de la divine Cabale, défendus contre la logomachie des sophistes…] (Paris, Hieronymus Blageart, 1625, in‑4o de 77 pages.

    2. V. note [27] du Borboniana 1 manuscrit.

    3. Alexandrian, page 119.

    V. note [6] du Patiniana I‑1 pour les attaques dont Gaffarel triompha à Grenoble, en 1641, pour ses homélies en faveur de la réconciliation des religions.

  3. Bayle ajoute que quand Gaffarel mourut, il avait presque achevé l’ouvrage (resté inédit) auquel il s’occupait depuis un grand nombre d’années, sur « l’histoire du monde souterrain, où il parlait des antres, grottes, mines, voûtes et catacombes qu’il avait observés pendant 30 ans de voyages dans toutes les parties du monde ».

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 15 juillet 1661, note 1.

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(Consulté le 25/06/2024)

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