À Johann Daniel Horst, le 1er avril 1666
Note [1]

« Bonjour cher Monsieur ! » : introduction facétieuse, unique dans les lettres de Guy Patin, que je trouve distrayant de mettre en relation avec la date de celle-ci. « On dit proverbialement donner un poisson d’avril pour dire engager quelqu’un à faire quelque démarche inutile, pour avoir lieu de se moquer de lui. Cette mauvaise plaisanterie ne se fait que le premier jour d’avril » (Académie).

Saint-Simon s’en est amusé à l’année 1711 de ses Mémoires (tome iv, page 6), avec cette anecdote sur l’archevêque-électeur de Cologne, Joseph-Clément de Bavière (1671-1723), en visite à la cour de France :

« Il n’y avait point de cérémonies qu’il n’aimât à faire. Enfin il aimait même à prêcher, et on peut juger comment il prêchait. Il s’avisa, un premier jour d’avril, de monter en chaire ; il y avait envoyé inviter tout ce qui était à Valenciennes, et l’église était toute remplie. L’Électeur parut en chaire, regarda la compagnie de tous côtés, puis tout à coup se prit à crier : “ Poisson d’avril ! poisson d’avril ! ” et sa musique, avec force trompettes et timbales, à lui répondre. Lui cependant fit le plongeon, {a} et s’en alla. Voilà des plaisanteries allemandes, et de prince, dont l’assistance, qui en rit fort, ne laissa pas d’être bien étonnée. »


  1. « On dit qu’un homme fait le plongeon quand il se baisse et s’échappe dans une foule, en sorte qu’il ne paraît plus » (Furetière).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Daniel Horst, le 1er avril 1666. Note 1

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(Consulté le 18.01.2020)

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