À Charles Spon, le 4 décembre 1651
Note [10]

Les écrouelles ou scrofules « sont des tumeurs sanguines faites aux parties glanduleuses, comme aux mamelles, aux aisselles et aux aines. Elles sont presque toujours enveloppées dans une membrane propre, engendrées de pituite gypsée [plâtreuse], grasse et visqueuse [description qui correspond au caséum ou pus tuberculeux]. Lorsqu’il s’y mêle de l’humeur mélancolique, elles s’échauffent et deviennent malignes, et font un ulcère corrosif et chancreux qui ronge la substance des glandes. Et quand cette humeur court par le corps, elle altère et pourrit les os où elle s’assied ; alors c’est une maladie incurable par art. Les Latins les appellent scrophulæ, du mot scropha qui signifie une truie ; et les Grecs choirades, du mot grec choiros, qui signifie un pourceau, parce que les pourceaux sont sujets à avoir de ces tumeurs sous la gorge, et ceux qui mangent de leur chair y ont aussi plus de disposition. Le roi de France a le don de guérir des écrouelles, en touchant les malades [v. note [8], lettre 524] » (Furetière). En termes modernes, ce sont des tuméfactions (adénopathies) suintantes des lymphonœuds (relais lymphatiques), ordinairement d’origine tuberculeuse et qui ont alors une heureuse propension à guérir souvent toute seule (qu’un roi les ait touchées ou pas).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 4 décembre 1651. Note 10

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(Consulté le 19.10.2019)

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