À Claude II Belin, le 23 avril 1640
Note [12]

Avis pour dresser une bibliothèque, présenté à Monseigneur le président de Mesme par Gabriel Naudé (Paris, François Targa, 1627, in‑8o ; réédité en 1644 à Paris chez Rolet le Duc).

Henri de Mesmes, marquis de Moigneville (1586-Paris 29 décembre 1650), fils de Jean-Jacques de Mesmes et d’Antoinette de Grossaine, était le frère aîné du comte d’Avaux, Claude Mesmes (v. note [33], lettre 79). Henri avait été reçu conseiller au Parlement en 1608, nommé lieutenant civil au Châtelet de la prévôté de Paris (1613) puis élu prévôt des marchands de Paris en 1618, renouvelé en 1620. Président à mortier au Parlement de Paris en 1621, il en était devenu deuxième président en 1637. Sa charge de président échut à son frère cadet Jean-Antoine (Popoff, no 120, et G.D.U. xixe s.).

La courte et flatteuse dédicace de Naudé à de Mesmes se termine sur ce paragraphe :

« Mais si vous ambitionnez de faire éclater votre nom par celui de votre bibliothèque, et de joindre ce moyen à ceux que vous pratiquez en toutes les occasions par l’éloquence de vos discours, solidité de votre jugement, et l’éclat des plus belles charges et magistratures que vous avez si heureusement exercées, pour donner un lustre perdurable à votre mémoire, et vous assurer pendant votre vie de pouvoir facilement vous développer des divers replis et roulements des siècles, pour vivre et dominer dans le souvenir des hommes ; il est besoin d’augmenter et de perfectionner tous les jours ce que vous avez si bien commencé, et donner insensiblement un tel et si avantageux progrès à votre bibliothèque, qu’elle soit aussi bien que votre esprit, sans pair, sans égale, et autant belle, parfaite et accomplie qu’il se peut faire par l’industrie de ceux qui ne font jamais rien sans quelque manque ou défaut, adeo nihil est ab omni parte beatum. » {a}


  1. « tant il est vrai qu’“ il n’est rien de parfaitement heureux ” » (Horace, Odes, livre ii, xvi, vers 27‑28).

Naudé (v. note [9], lettre 3) était alors à Rome auprès du cardinal Bagni, où il demeura jusqu’en 1642.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 23 avril 1640. Note 12

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(Consulté le 20.11.2019)

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