De François Rassyne, le 27 décembre 1656
Note [12]

Le traité d’Hippocrate Des Maladies (Περι Νουσων) est composé de quatre livres. Le chapitre 16 du 3e (et non du 2e livre) est consacré à la pleurésie ; avec ce passage qui correspond probablement à ce que voulait indiquer François Rassyne (Littré Hipp, volume 7, pages 151‑153) :

« C’est traitées de la sorte que ces maladies guérissent, à moins que l’expectoration ne laisse dans le poumon un reliquat qui devienne du pus. D’une telle terminaison naissent des toux sèches, de la fièvre, du frisson, de l’orthopnée ; la respiration est fréquente et pressée ; la voix est un peu plus grave ; au moment de la chaleur fébrile, le visage est bien coloré. Au bout d’un certain temps, la maladie se montre davantage et nettement. Si vous prenez un tel malade dans les dix premiers jours, vous l’échaufferez par le régime et le bain chaud, et vous infuserez {a} dans le poumon ce qui fait sortir le pus ; vous userez de tous les autres moyens qui ont cette propriété. Son régime sera celui des empyématiques. Vous dessécherez la tête afin que rien n’en découle. Si l’infusion faite dans le poumon ne mûrit ni n’amène le pus, l’abcès se fait jour du poumon dans la poitrine ; {b} après cette éruption, le malade paraît guéri, parce que le pus est passé d’un lieu étroit en un lieu large, et que l’air que nous respirons trouve à se loger dans le poumon. Mais avec le temps, la poitrine se remplit de pus ; {c} la toux, les fièvres et toutes les autres souffrances accablent le malade plus que jamais, et la maladie devient manifeste. Après cette éruption, on laissera en repos le malade pendant quinze jours, afin que le pus mûrisse de nouveau, en effet, en arrivant dans un lieu large, le pus s’est refroidi et a réuni en soi le liquide préexistant dans la poitrine, de sorte qu’il n’est plus qu’à demi-maturation. »


  1. Par inhalations de remèdes.

  2. S’ouvre du poumon dans la plèvre (son enveloppe).

  3. Sans doute ce que François Rassyne entendait par l’écoulement goutte à goutte du sérum, dérivé du sang sanieux, dans la cavité de la poitrine.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De François Rassyne, le 27 décembre 1656. Note 12

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(Consulté le 23.09.2020)

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