À Claude II Belin, le 18 juillet 1642
Note [14]

Rejetée de partout dans son exil, Marie de Médicis avait échoué le 12 octobre 1641 à Cologne (v. note [12], lettre 61). Elle y était morte d’un érysipèle le 3 juillet 1642, dans l’abandon et le dénûment, alors que quatre des enfants qu’elle avait eus d’Henri iv comptaient parmi les souverains de l’Europe : Louis xiii en France ; Élisabeth, épouse de Philippe iv, en Espagne ; Christine, épouse de Victor-Amédée, en Savoie ; Henriette-Marie, épouse de Charles ier, en Angleterre.

La feu reine embarrassa fort le royaume (Olivier Le Fèvre d’Ormesson, Journal, tome i, page 15) :

« Le lundi, {a} ma mère fut à Saint-Denis, où l’on lui dit que le corps de la reine mère était arrivé le dimanche au soir, accompagné d’un carrosse à six chevaux noirs devant, plein de ses écuyers, le chariot tiré par six chevaux où était le corps, et encore un carrosse derrière avec six chevaux. Tout cet équipage n’entra point dans la ville. {b} Les estafiers de la reine prirent son corps à la porte et le portèrent dans l’église, accompagné de flambeaux que le roi {c} avait fait porter. Il fut mis au milieu du chœur, sous un poêle magnifique que ceux de Cologne lui avaient donné ; elle fut reçue avec grand honneur partout depuis Cologne jusqu’en France, où l’on ne lui fit aucune cérémonie et par le chemin, on ne la mit en aucune église. »


  1. Le 9 mars 1643, soit quatre mois après la mort de Richelieu, et deux mois avant celle de Louis xiii.

  2. Paris.

  3. Louis xiii, son fils.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 18 juillet 1642. Note 14

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(Consulté le 24.10.2019)

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