À Charles Spon, le 3 mai 1650
Note [15]

Mme de Motteville (Mémoires, page 340, avril 1650) :

« Le 12 du même mois, la reine, avertie qu’on travaillait à soulever le Parlement en faveur des princes, envoya commander à Madame la Princesse {a} d’aller à Montrond, attendu qu’elle avait des intelligences avec les ennemis de l’État. En même temps, on commanda à un lieutenant des gardes du cops d’arrêter Madame la Princesse sa belle-fille, {b} et de la garder à Chantilly. »


  1. La princesse douairière, mère du prince de Condé (v. note [6], lettre 193).

  2. L’épouse de M. le Prince.

Journal de la Fronde (volume i, fos 200 vo et 201 ro, avril 1650) :

« Le 11, Mmes les princesses de Condé reçurent ordre à Chantilly de se retirer en Berry avec le petit d’Enghien en deux lieux différents, savoir Mme la douairière à Saint-Amand, {a} et l’autre à Chateauroux ; sur quoi elles consultèrent ensemble ce qu’elles devaient faire ; et suivant leur résolution, Mme la princesse de Condé se sauva à cheval la nuit du 11 au 12 avec le petit duc d’Enghien, {b} que le sieur de Roussière tenait devant lui à cheval. On ne sait où elle est allée, mais on croit que c’est à Stenay. Ce bruit se répandit aussitôt dans Paris et a demeuré incertain jusqu’ici, mais il ne se trouve que trop véritable. Mme la douairière devait hier partir suivant les ordres qu’elle en avait reçus, mais elle envoya un gentilhomme à la reine et un autre à M. le duc d’Orléans pour les prier de la vouloir laisser à Chantilly et de croire que Mme la Princesse s’était retirée à son insu ; à quoi Son Altesse Royale lui a fait réponse que tout ce qu’elle pouvait faire était d’obtenir qu’elle retardât son départ {c} jusqu’à lundi prochain, auquel temps celui qu’elle a envoyé à Dijon pourra être de retour. »


  1. Saint-Amand Montrond.

  2. Son fils.

  3. De Paris.

L’évasion de Mme la Princesse la jeune, déguisée en femme de chambre, au nez et à la barbe du sieur François de Vouldy, gentilhomme ordinaire du roi venu à Chantilly apporter leur lettre de cachet aux princesses, inaugurait la période héroïque de la triste vie de Claire-Clémence de Maillé-Brézé (v. note [63], lettre 101), nièce du cardinal de Richelieu et épouse du Grand Condé. Elle s’enfuit à Montrond en Berry avant de gagner Bordeaux pour y ranimer la rébellion de Guyenne contre le duc d’Épernon (Petitfils d, pages 130‑138).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 mai 1650. Note 15

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(Consulté le 24.11.2020)

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