De Jan van Beverwijk, le 30 juillet 1640
Note [15]

Début du chapitre x (Imagines in iis doctorum, laudabili more ; cui origo ab Asinio [Les portraits de savants personnages qu’on y met, selon une coutume louable, dont Asinius (Asinius Pollion, écrivain romain du ier s. av. J.‑C.) est à l’origine]) du Iusti Lipsii de Bibliothecis Sintagma [Traité de Juste Lipse sur les Bibliothèques] (Anvers, Iohannes Moretus, 1602, in‑4o, page 29) :

Sed vel præcipuus ornatus, et imitandus, meo iudicio, nondum hodie imitatus, sunt Imagines sive et Statuæ doctorum, quas una cum libris disponebant. Nonne pulchrum, et suave oculis ac cogitationi fuit ? Natura trahimur ad simulacra et effigies magnorum virorum noscendas, et illa corpora, sive hospitia, quibus cælestis se animus inclusit : ecce hic erat. Homeri, Hippocratis, Aristotelis, Pindari, Virgilii, Ciceronis, et alia scripta videres aut libares oculis : una etiam imaginem scriptoris adiunctam.

[Il y a un ornement particulier et qu’il faut à mon avis imiter, mais qu’on n’imite plus guère aujourd’hui : ce sont les portraits ou les statues des gens lettrés qu’on disposait à côté des livres. N’était-ce pas beau et agréable pour la contemplation et pour la méditation ? Nous sommes naturellement attirés par le désir de connaître les représentations et les effigies des grands hommes, et les corps comme les logis que l’esprit de ces êtres célestes a habités : {a} voilà donc comme il était. Vous verriez les livres d’Homère, d’Hippocrate, d’Aristote, de Pindare, de Virgile, de Cicéron et d’autres, en même temps que vous caresseriez des yeux l’image de l’auteur placée à leurs côtés]. {b}


  1. Passage cité par Jan van Beverwijk.

  2. Guy Patin trouvait mauvais le latin de Juste Lipse (v. note [18], lettre 605) ; la libre traduction que je propose ici en donne une belle justification.

Charles Nisard a calé sur cette citation ; par solidarité avec lui, tant je comprends la frustration que ce genre d’échec occasionne, je transcris sa note 38, page 19 :

« Quelque connaissance que j’aie des nombreux ouvrages de Juste Lipse, ayant dû en parler, lorsque j’ai écrit sa vie (voy. le Triumvirat littéraire au xvie siècle), {a} je ne me rappelle pas avoir été frappé de ce lieu commun, {b} et, par conséquent, je n’ai pas pris note de l’endroit où Lipse l’a formulé. Je crois cependant que c’est dans une de ses lettres. »


  1. Ouvrage cité dans la bibliographie de notre édition.

  2. Cette citation.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Jan van Beverwijk, le 30 juillet 1640. Note 15

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9061&cln=15

(Consulté le 12.05.2021)

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