À Charles Spon, le 11 mai 1655
Note [19]

« et lui-même est hollandais ».

Abraham de Wicquefort (ou van Wickevoort, Vicfort dans l’orthographe de Guy Patin ; Amsterdam vers 1598-Zell 1682) s’était établi dès sa jeunesse en France. L’électeur de Brandebourg (Frédéric Guillaume de Hohenzollern, marquis de Brandebourg, v. note [10], lettre 150) l’avait nommé résident à Paris et Wicquefort occupa cet emploi pendant 32 ans. Connu par ses capacités, il encourut cependant la haine de Mazarin pour avoir, dit-on, égayé sa correspondance diplomatique par le récit des amours de Louis xiv avec les nièces du cardinal. Mazarin obtint sa révocation, le fit mettre à la Bastille (1658) puis chasser du royaume. Wicquefort trouva en Hollande un protecteur zélé dans la personne du grand pensionnaire Jean de Witt. Il devint résident du duc de Brunswick-Zell, secrétaire-interprète et historiographe des États et peut-être agent secret de la France. Accusé par ses ennemis, les orangistes, d’avoir communiqué à l’ambassadeur d’Angleterre des papiers importants qu’on lui avait confiés pour les traduire, il fut arrêté et condamné à une détention perpétuelle. Toutefois, il parvint à s’évader (1679) et se retira près de Zell (Rhénanie-Palatinat) où il finit ses jours dans l’obscurité. Il joignait à beaucoup d’esprit naturel une instruction fort étendue, parlait et écrivait avec facilité presque toutes les langues de l’Europe, et était doué d’un tact supérieur. On a de Wicquefort plusieurs ouvrages d’histoire et de diplomatie (G.D.U. xixe s.).

V. note [7], lettre latine 82, pour son frère cadet Joachim de Wicquefort.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 11 mai 1655. Note 19

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(Consulté le 19.09.2020)

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