À André Falconet, le 10 décembre 1658, note 2.
Note [2]

« “ ce ne sont que mots et formules ” [Horace, v. note [2], lettre 181], qu’il semble avoir couvés pour tromper les imprudents. »

Tartre (Furetière et Nysten pour les passages entre crochets) :

« sel [principalement de potasse] qui s’élève des vins fumeux et qui forme une croûte grisâtre qui s’attache au-dedans des tonneaux. Le tartre a le suc de raisin pour père, la fermentation pour mère et le tonneau pour matrice. Le bon tartre vient de Montpellier, et celui d’Allemagne ne lui cède point car la bonté du tartre vient plutôt des fermentations réitérées que divers vins nouveaux ont faites successivement pendant plusieurs années, que du terroir ou du climat où on recueille le vin ; de sorte que le tartre est en effet une matière corporifiée et comme pétrifiée des parties acides du suc de raisin qui, ayant uni à elles autant de sels volatils qu’elles en ont pu embrasser, font ensemble un corps compact et cristallin qui s’attache aux côtés et au fond du tonneau, qui s’est séparé du vin et de la lie par la fermentation.

Le sel de tartre [ou tartre coagulé, sous-carbonate de potasse mêlé de chaux et de silice] se fait de cette croûte lavée, purifiée et calcinée au feu de réverbère. L’huile de tartre est un sel de tartre bien épuré, mis à la cave dans un plat de verre ; il se résout en une liqueur qu’on nomme improprement huile, qui n’est en effet que du sel dissous.

Le tartre vitriolé [sulfate de potasse], à qui quelques-uns donnent le nom de magistère, est de l’huile de tartre mêlée avec de l’esprit rectifié de vitriol [acide sulfurique] qui, lorsqu’on les mêle, font ensemble une grande effervescence par le moyen des acides mêlés aux alcalis qui, de liquides qu’ils étaient, deviennent solides. […] La crème de tartre est un sel tiré du tartre du vin [tartrate naturel de potasse]. »

Imprimer cette note
Citer cette note
x
Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 10 décembre 1658, note 2.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0548&cln=2

(Consulté le 24/05/2024)

Licence Creative Commons