À André Falconet, le 9 novembre 1660
Note [2]

« et nous nous sommes désunis sur cette affaire malvenue. »

La Faculté de médecine n’était pas encore remise de la scission qu’avait provoquée en son sein l’acerbe dispute entre son doyen, François Blondel, et Jean iii Des Gorris, à qui il refusait la dignité d’ancien pour cause de religion (v. notes [5], lettre 606, et [6], lettre 632). Suivant scrupuleusement les statuts, Blondel (doyen élu le 2 novembre 1658 et renouvelé pour une année le 8 novembre 1659) convoqua la Compagnie le 6 novembre 1660, premier samedi suivant la Toussaint, en vue de procéder, après la messe, à l’élection de son successeur ; mais les choses ne suivirent pas leur cours ordinaire, comme en atteste l’Arrêt de la Cour de parlement pour Me François Blondel, doyen de la Faculté de médecine, portant décharge des fonctions de doyen et d’ancien maître, et l’élection d’un autre (transcrit dans les Comment. F.M.P., tome xiv, pages 559‑561) :

« Néanmoins, selon la coutume et pour satisfaire à l’article 61e desdits statuts, <la Faculté> avait continué ladite charge audit suppliant, {a} laquelle il avait exercée jusqu’au 6e novembre dernier ; auquel jour, ayant fait assembler la Faculté selon les statuts et en la forme ordinaire pratiquée de tout temps pour faire une nouvelle élection d’un doyen et des professeurs, et à ce sujet icelui suppliant comme doyen ayant tiré au sort pour électeurs Mes Robert Tullouë, Antoine Charpentier, Michel Marès, Pierre Perreau et François Landrieu, lesquels après serment d’eux pris se seraient retirés à part en la chapelle pour délibérer sur l’élection desdits doyen et professeurs ; et après, étant retournés en l’assemblée, auraient proposé à la Faculté qu’il lui plût délibérer, avant que procéder à l’élection d’un doyen, s’il n’était pas plus expédient pour le bien de la Faculté en les présentes affaires d’icelle, que ledit suppliant, comme il s’était plusieurs fois pratiqué en pareille rencontre, fût prié de vouloir continuer l’exercice et fonction de doyen qu’il a fait ci-devant, ayant presque terminé et mis à chef {b} les plus grandes et pénibles affaires de la Faculté, et rétabli la discipline des Écoles. Laquelle proposition étant suivie du commun consentement de la Faculté assemblée en grand nombre, {c} à la réserve de quelques particuliers {d} et du suppliant, qui aurait ouvertement et à haute voix réclamé plusieurs fois, et nonobstant, n’aurait pu venir à bout d’une nouvelle élection de doyen, mais été contraint de procéder à l’élection des professeurs en médecine, pharmacie, chirurgie et botanique, selon qu’il est de coutume, et ensuite de leur faire faire le serment ordinaire. Ce qu’étant fait, la Compagnie se serait levée sans vouloir permettre qu’on procédât à une nouvelle élection ; et ainsi, ledit suppliant <se serait> obligé, pour éviter les désordres qui s’en seraient ensuivis, <à> maintenir la discipline des Écoles et <à> ne laisser députer les affaires de la Faculté à lui commises, <à> exercer pour quelques jours les fonctions les plus pressantes et pour lesquelles, suivant les statuts, ne doit être aucunement différé, espérant qu’un peu de temps pourrait faire changer cette résolution de la Compagnie de décharger le suppliant de cet emploi par l’élection d’un autre doyen. À ces causes requérait le suppliant être ordonné qu’au premier jour de samedi prochain nouvelle assemblée serait faite aux Écoles pour ledit suppliant, et par lui indiquée dans le billet exprès, pour y être par les susdits électeurs, ou autres à leur refus, procédé à l’élection d’un autre doyen suivant la forme ordonnée par les statuts ; sinon, que le suppliant serait valablement déchargé tant de ladite fonction de doyen, comme aussi de l’ancien maître de ladite Faculté, laquelle lui avait été commise en ladite qualité de doyen par arrêt de ladite cour du 3e mars dernier. <Et ce à condition> que les docteurs de ladite Faculté fussent tenus entrer auxdites assemblées avec la soutane et robe, et de dire leur avis par ordre de rang de réception, à peine d’amende contre les contrevenants applicable partie à la chapelle, {e} partie à l’Hôpital général. […] La Cour a ordonné et ordonne qu’après la déclaration dudit Blondel de ne vouloir plus faire la charge de doyen, nouvelle assemblée sera faite aux Écoles de médecine le samedi 18e du présent mois de décembre assigné par ledit Blondel, pour y être par lesdits électeurs, ou autres en cas d’absence ou refus d’aucuns d’iceux, par d’autres qui seront élus en la manière accoutumée à l’heure même sans déplacer, <pour> procéder à l’élection d’un autre doyen suivant la forme ordonnée par les statuts ; autrement et à faute de ce faire, demeurera ledit Blondel déchargé de ladite fonction de doyen et aussi de celle d’ancien maître de la Faculté à lui commise par arrêt du 3 mars dernier ; et les docteurs assistant à ladite assemblée se comporteront modestement en icelle et seront en habit décent. Fait en Parlement le 5e décembre 1660. Signé du Tillet. »


  1. Blondel.

  2. Achevé.

  3. 93 docteurs régents présents.

  4. Notamment Philippe Hardouin de Saint-Jacques, Armand-Jean de Mauvillain, Mathurin Denyau et son fils Alexandre-Michel (v. note [8], lettre 983).

  5. Chapelle de la Faculté.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 9 novembre 1660. Note 2

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(Consulté le 26.05.2020)

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