À Werner Rolfinck, le 26 octobre 1667
Note [2]

Page 123, section iii, article ii, De Cassia solutiva fistulari [La Casse fistulaire (ainsi nommée à cause de ses gousses effilées) laxative], chapitre vi, Notatu digna adferuntur, de usu cassiæ in lithotomia [Remarques dignes d’être connues sur l’emploi de la casse dans la lithotomie (cystotomie)] :

Nocere iis, quibus calculus vesicæ sectus, truditur.
    “ Mirum illud est, et non negligendum, scribit Ballonius 2. epid. et ephemeridum p. 190. quod celebres lithotomi Parisienses se observasse dicunt, nocentissimum esse medicamentum cassiam iis, quibus sectione detractus est lapis. Propterea Laurentius senior, lithotomiæ prudens et peritus, contendebat, primum a medicis λιθοτομηθεντι medicinam facturis, ut ne cassiam præscriberent. Observasse enim se asserebat, multorum periculo id medicamenti devoratum esse, et omnia in deterius versa fuisse. An quia cassia est aliquantum diuretica, et propterea ex eventu vesicam jam afflictam molestat ? An quia κακοσομαχος et ναυτιωδης ? Virositatem enim quandam habet et tormina excitat. Unde fieri non potest, quin perturbet, et turbas excitet in corpore, unde vesica, vim patitur. ”

Επικρισις.
    Si quæ ratio est, illa erit διουρησις, quam excitare posset. Eam, cum vulneris exsiccationi obicem ponere possit, serio cavent lithotomi, adeo ut ab omni potu abstinere jubeant ægros.

[La casse nuit à ceux dont le calcul de vessie a été extrait par l’opération de la taille. {a}
    « Il faut admirer et ne pas omettre, écrit Baillou au 2e livre des Epidemiorum et Ephemeridum, page 190, {b} ce que les célèbres lithotomistes parisiens disent avoir observé, à savoir que la casse est un médicament extrêmement nocif chez ceux à qui on a retiré une pierre en taillant la vessie. Laurentius l’ancien, {c} prudent et habile en cette opération, demandait donc avec insistance, notamment aux médecins qui la font pratiquer, de ne pas prescrire de casse. Il assurait en effet avoir observé que beaucoup de patients se sont mis en danger en avalant ce médicament, et que tous ont eu à en pâtir. Est-ce parce que la casse est quelque peu diurétique, ce qui peut faire qu’elle irrite une vessie déjà fort affaiblie ? Est-ce parce qu’elle sent mauvais et provoque des nausées ? De fait, elle a une odeur fétide et déclenche des coliques ; ce qu’elle ne peut faire sans remuer et perturber le corps, ni sans que la vessie s’en ressente. »

Recommandation. {a}
    La raison me semble être que la casse est diurétique : elle peut ainsi compromettre l’assèchement de la plaie, ce que les lithotomistes craignent à tel point qu’ils ordonnent aux opérés de s’abstenir de toute boisson].


  1. Sous-titre imprimé dans la marge.

  2. Epidemiorum et ephemeridum libri duo [Deux livres des Épidémies et des Éphémérides] de Guillaume Baillou (Paris, 1640, v. note [3], lettre 48), Constitutio hyemalis Anni Domini 1576 [Constitution de l’hiver 1576], page 190 ; les guillemets délimitent le passage de Baillou que Rolfinck a transcrit mot à mot.

  3. Laurent Colot père, et non André Du Laurens (v. infra note [3]).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Werner Rolfinck, le 26 octobre 1667. Note 2

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(Consulté le 14.05.2021)

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