À Charles Spon, le 4 novembre 1650, note 20.
Note [20]

Les Passions de l’âme. Par René Descartes (Paris, Henri Le Gras, 1649, in‑8o de 286 pages, pour la 1re édition, imprimée aussi à Amsterdam, Louis Elsevier, 1650, in‑12 de 272 pages) est le dernier traité que Descartes a publié de son vivant.

En tête, se trouvent deux lettres non signées, datées de Paris les 6 novembre 1648 (37 pages) et 24 novembre 1649 (2 pages), avec les réponses de Descartes qui y est accusé d’usurpation, d’incompétence et même de charlatanisme dans le domaine des sciences naturelles (médecine en particulier).

Dans l’article vii, Brève explication des parties du corps, et de quelques-unes de ses fonctions (première partie, pages 9‑10), Descartes se prononce sur la circulation du sang (sans parler du chyle) :

« Ceux qui ont tant soit peu ouï parler de la médecine savent, outre cela, comment tout le sang des veines peut facilement couler de la veine cave en son côté droit, et de là passer dans le poumon, par le vaisseau qu’on nomme la veine artérieuse, {a} puis retourner du poumon dans le côté gauche du cœur par le vaisseau nommé l’artère veineuse, {b} et enfin passer de la là dans la grande artère, {c} dont les branches se répandent dans tout le corps. Même tous ceux que l’autorité des Anciens n’a point entièrement aveuglés, et qui ont voulu ouvrir les yeux pour examiner l’opinion d’Herveus {d} touchant la circulation du sang, ne doutent point que toutes les veines et les artères du corps ne soient comme des ruisseaux, par où le sang coule sans cesse fort promptement, en prenant son cours de la cavité droite du cœur par la veine artérieuse, {a} dont les branches sont éparses dans tout le poumon, et jointes à celles de l’artère veineuse, {b} par laquelle il passe du poumon dans le côté gauche du cœur ; puis de là, il va dans dans la grande artère, {c} dont les branches éparses par tout le reste du corps sont jointes au branches de la veine cave, {e} qui portent derechef le même sang en la cavité droite du cœur : en sorte que ses deux cavités sont comme des écluses, par chacune desquelles passe tout le sang, à chaque tour qu’il fait dans le corps. »


  1. Artère pulmonaire.

  2. Veines pulmonaires.

  3. Aorte.

  4. William Harvey.

  5. Cette jonction est restée hypothétique jusqu’à la découverte des capillaires par Marcello Malpighi, publiée en 1661 (v. note [19] de Thomas Diafoirus et sa thèse).

  6. Dans la suite de son traité, Descartes demeure fidèle à la théorie humorale (sans nier l’existence de l’atrabile), et cherche à la lier aux tempéraments de l’âme humaine.

Imprimer cette note
Citer cette note
x
Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 4 novembre 1650, note 20.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0248&cln=20

(Consulté le 21/04/2024)

Licence Creative Commons