À André Falconet, le 11 octobre 1660
Note [21]

« C’est chose bavarde que l’amour ».

Ce « sage ancien » pouvait être John Gower (poète anglais, vers 1330-1408) dont une courte pièce est intitulée Est amor [ce qu’est l’amour] (The complete works of John Gower edited from the manuscripts with introductions, notes, and glossaries by G.C. Macaulay - The Latin works [Œuvres complètes de John Gower, établie à partir des manuscrits avec les introductions, notes et glossaires de G.C. Macaulay - Œuvres latines], Oxford, Clarendon Press, 1902, page 359), avec ces 15 premiers vers :

Est amor in glosa pax bellica, lis pietosa,
Accio famosa, vaga sors, vis imperiosa,
Pugna quietosa, victoria perniciosa,
Regula viscosa, scola devia, lex captiosa,
Cura molestosa, gravis ars, virtus viciosa,
Gloria dampnosa, flens risus et ira iocosa,
Musa dolorosa, mors leta, febris preciosa,
Esca venenosa, fel dulce, fames animosa,
Vitis acetosa, sitis ebria, mens furiosa,
Flamma pruinosa, nox clara, dies tenebrosa,
Res dedignosa, socialis et ambiciosa,
Garrula, verbosa, secreta, silens, studiosa,
Fabula formosa, sapiencia prestigiosa,
Causa ruinosa, rota versa, quies operosa,
Urticata rosa, spes stulta fidesque dolosa
.

[Dans la glose, l’amour est paix guerrière, piteux litige, procès infamant, sort incertain, force tyrannique, combat paisible, victoire funeste, règle visqueuse, école déviante, loi trompeuse, remède dangereux, art malsain, vertu vicieuse, gloire pernicieuse, rire pleurnicheur et colère joyeuse, muse triste, mort heureuse, fièvre précieuse, aliment empoisonné, fiel doux, faim vivifiante, vigne acide, soif enivrante, folie furieuse, flamme glacée, nuit éclairée, jour ténébreux, affaire dédaigneuse, sociable et ambitieuse, bavarde, verbeuse, sérieuse, silencieuse, studieuse, belle fable, sagesse trompeuse, cause catastrophique, roue qui tourne, repos inquiet, rose piquante, espoir fou et foi artificieuse].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 11 octobre 1660. Note 21

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(Consulté le 11.05.2021)

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