À Charles Spon, le 1er avril 1650
Note [22]

Celui que la reine envoyait prendre possession du gouvernement de Saumur était son fidèle capitaine des gardes, François de Pechpeyrou-Comminges, comte de Guitaut (1581-1657 ou 1663), qui avait arrêté les princes au Louvre le 18 janvier 1650. Les mémoires du temps (Journal de la Fronde, Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay) l’appellent Comminges et ont induit certains annotateurs à le confondre avec son neveu, Gaston-Jean-Baptiste de Comminges (v. note [5], lettre 184), lieutenant des gardes qui avait arrêté le conseiller Broussel le 27 août 1648. Le gouvernement vacant de Saumur avait été octroyé au début de mars à Guitaut-Comminges ; il était donc venu prendre possession de la ville, mais (Journal de la Fronde, volume i, fos 189 vo du 23 mars 1650, et 193 ro du 27 mars) :

« Le sieur Du Mont, lieutenant du feu maréchal de Brézé au gouvernement de Saumur, n’a point encore voulu rendre le château, prétendant une récompense de 24 mille livres auparavant. Le marquis de Jarzé ayant voulu faire prendre les armes à quelque noblesse dans le pays du Maine et dans l’Anjou, le maréchal de La Meilleraye en a donné avis à la cour ; ce que ce marquis ayant su, a envoyé sa femme à la cour pour s’en justifier. […]
Le château de Saumur résiste toujours contre M. de Comminges, qui est allé pour en prendre possession. Le marquis de Jarzé s’y est jeté avec quelques gens de sa suite et se promet que le duc de La Rochefoucauld, qui n’a pas encore fait son accommodement, fera soulever la province par le moyen du duc de La Trémoille, qui a grand crédit et qui est aussi mécontent, qui l’ira secourir en cas qu’il soit assiégé. M. de Comminges empêche tant qu’il peut qu’on y apporte aucuns vivres ni munitions, et a fait des rigoureuses défenses à cette fin. On a commandé six régiments pour aller assiéger ce château. »

La Rochefoucauld marcha vers Saumur avec 700 gentilshommes et 400 fantassins, mais arriva après que la ville eut capitulé.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 1er avril 1650. Note 22

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(Consulté le 29.11.2020)

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