À Hugues de Salins, le 31 octobre 1656
Note [22]

Johann Thomas Freig (ou Freige, Fribourg-en-Brisgau 1543-Bâle 1583) étudia les belles-lettres et la philosophie. S’étant attaché à la doctrine de Pierre Ramus, il l’enseigna à Fribourg et à Bâle. Devenu recteur du collège d’Altdorf, il éprouva, à cause de ses idées philosophiques, des ennuis de toute sorte et mourut de la peste à Bâle où il était retourné pour se faire correcteur d’imprimerie. Pour le fait relatif à Rabelais, Guy Patin renvoyait ici aux M. Tullii Ciceronis orationes omnes perpetuis notis logicis, arithmeticis, ethicis, politicis, historicis, Antiquitatis, illustratæ per Io. Thomam Freigium [Tous les discours de Cicéron, enrichis de notes perpétuelles, logiques, arithmétiques, éthiques, politiques, historiques, de l’Antiquité, par Johann Thomas Freig] (Francfort, héritiers de Andrea Wecheli, Claudius Marnius et Iohannes Aubrius, 1592, 3 volumes in‑8o).

Dans l’Oratio pro Quinto Roscio Comœdo [Discours pour Quintus Roscius Comœdus], une note, au bas de la page 159, porte sur le mot ageres du passage et si hos quæstus recipere posses, non eodem tempore et gestum et animam ageres ? [et si tu pouvais accéder à ces requêtes, ne rendrais-tu pas dans l’instant et le mouvement et l’âme ?] (§ 24), avec ce commentaire de Freig :

Ambiguitas est in verbo agere, hoc est usque ad extremum spiritum gestum ageres et id diceres quod rabiosum Rabulæsium dixisse ferunt, Tirez les rideaux, la farce est jouée.

[Il y a ambiguïté dans le verbe agere, pour dire tu jouerais jusqu’au dernier souffle, et dirais ce qu’on rapporte avoir dit Rabelais frappé de rage, Tirez les rideaux, la farce est jouée].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Hugues de Salins, le 31 octobre 1656. Note 22

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(Consulté le 16.06.2021)

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