À Charles Spon, le 14 mai 1649
Note [28]

Théodore de Bèze (Vézelay 1519-Genève 1605), écrivain et théologien protestant, a été le principal lieutenant de Jean Calvin. Élevé dans la religion catholique, Bèze consacra la première partie de sa vie aux études, à Orléans, suivies d’une existence frivole et littéraire à Paris.

Ce début dans l’existence lui fut très amèrement reproché par la suite ; voici par exemple ce qu’en a écrit le cardinal de Richelieu dans son Traité qui contient la Méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de l’Église (Paris, Sébastien Cramoisy, 1663, in‑4o, livre ii, chapitre x, pages 321‑322) :

« Bèze étant ecclésiastique et possédant quelques bénéfices, sortit de l’Église romaine en même temps que le Parlement le fit assigner pour être ouï sur une poésie qu’il avait composée, extraordinairement impure et scandaleuse ; {a} mais se sentant coupable d’un si grand excès, il ne répondit à cet auguste Sénat que par fuite et se retira à Genève.
Pour apprendre quel il a été, nous n’avons pas besoin d’autre témoignage que le sien, ayant publié lui-même par les vers qu’il a faits, à l’imitation de Catulle et d’Ovide, qu’il s’était abandonné à des impuretés énormes et monstrueuses ; en considération de quoi, il est appelé par ses propres confrères, {b} la honte de la France, simoniaque, rempli de tous les vices, et de celui même qui a attiré le feu du Ciel. » {c}


  1. C’était une épigramme adressée à une femme qui s’appelait Candida.

  2. En fait, le jésuite flamand Costerus.

  3. La sodomie.

En 1548, après une grave maladie, en même temps que paraissait la première édition de ses Iuvenalia (poèmes de jeunesse qu’il chercha à faire oublier pendant toute sa vie), Bèze décida assez subitement de tout quitter pour se rendre en effet à Genève avec sa fiancée ; il s’y convertit au protestantisme, s’y maria et partit en 1549 enseigner le grec à Lausanne. En 1558, il s’installa à Genève comme pasteur et professeur de théologie. À la mort de Calvin (1564), Bèze le remplaça comme recteur de l’Académie de Genève et fit figure de chef du parti réformé. Il a laissé un nombre considérable d’ouvrages où brille son remarquable talent de polémiste mis au service de ses convictions religieuses, mais aussi son attachement à une renaissance littéraire, proclamant la nécessité de prendre les anciens pour modèles sans les imiter servilement (G.D.E.L. et Bayle).

Bèze fut enterré dans le « cloître de Saint-Pierre, et non pas au cimetière de Plein-Palaix, parce que les Savoisiens s’étaient vantés qu’ils le viendraient déterrer pour l’envoyer à Rome » (Jacob Spon, Histoire de Genève, 1730, page 357).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 14 mai 1649. Note 28

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(Consulté le 11.11.2019)

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