À Charles Spon, le 19 mai 1654
Note [29]

Gabriel Boule (v. note [31], lettre 248) : Histoire naturelle, ou relation exacte du vent particulier de la ville de Nyons en Dauphiné, dit le vent de S. Césarée d’Arles et vulgairement le Pontias, en laquelle sont insérées plusieurs remarques curieuses de la géographie et de l’histoire ecclésiastique, civile et naturelle, et notamment diverses merveilles de certains vents topiques (Orange, Édouard Raban, 1647, in‑8o).

Le Pontias est un vent particulier à la ville de Nyons (Drôme provençale) : ce serait le vent de Pontias (Pontiacus, surnom de la ville de Nyons à cause du pont, dit romain, qui y enjambe l’Eygues). Une croyance populaire veut qu’il soit issu d’un vaste trou naturel ouvert dans la partie la plus élevée du Devez, montagne située au nord de la ville. Suivant les saisons, il est fort ou faible : l’hiver, il souffle violemment, chaque jour de neuf heures du soir à neuf ou dix heures du matin jusqu’à 12 ou 16 kilomètres au-dessous de Nyons, quelquefois même il suit la rivière d’Eygues jusqu’au Rhône ; en été, c’est de trois ou quatre heures du matin à huit heures seulement qu’il se fait sentir et il ne parcourt pas plus de 4 kilomètres ; il arrive même, quand le temps est beau, qu’il ne souffle pas du tout. Il est excessivement froid, et c’est à lui que la ville doit sa température exceptionnelle et la salubrité de son air. Lorsqu’il arrive que le Pontias ne souffle pas, comme dans les années 1639 et 1640, c’est l’annonce presque certaine d’une peste. On prétend que les oliviers qui sont exposés au souffle du Pontias rendent une huile d’une qualité supérieure (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 19 mai 1654. Note 29

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(Consulté le 20.11.2019)

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