À Charles Spon, le 3 septembre 1649
Note [3]

Rapatrier : raccommoder.

Mme de Motteville (Mémoires, page 291) :

« La reine étant à Paris, voulant commencer sa première visite à Notre-Dame, elle y fut entendre la messe le premier samedi suivant {a} et y voulut mener le roi. En passant par les rues, son carrosse fut continuellement suivi du peuple, et toute cette canaille, qui lui avait manqué de respect et de fidélité, lui donna mille bénédictions. Dans le Marché-Neuf, {b} les harangères {c} qui avaient tant crié contre elle la pensèrent par amitié arracher de son carrosse. Elles se jetèrent toutes en foule sur elle. Chacune de ces mégères voulait toucher sa robe et il s’en fallut de peu qu’elle ne fût déchirée de cette vilaine troupe. Elles criaient toutes qu’elles étaient bien aises de la revoir et lui demandaient pardon de leurs fautes passées avec tant de cris, de larmes et de transports de joie que la reine même et ceux de sa compagnie en furent étonnés, et regardaient ce changement comme un petit miracle. Il fallut dans l’église soulever le roi en haut et le montrer au peuple qui, par des cris redoublés de Vive le roi ! montra combien est grande l’impression de fidélité et d’amour qui se trouve naturellement dans le cœur des sujets envers leur roi : elle y est variable et défectueuse, mais elle y revient facilement. » {d}


  1. 21 août 1649.

  2. Actuel quai de même nom sur l’île de la Cité, entre le Pont Saint-Michel et le Petit Pont.

  3. V. notule {b}, note [39], lettre 176.

  4. Le roi et la cour demeurèrent à Paris jusqu’à leur départ pour leur voyage de Normandie, le 1er février 1650.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 septembre 1649. Note 3

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(Consulté le 04.07.2022)

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