À André Falconet, le 20 mai 1661
Note [3]

Philippe de Montault du Bénac, comte puis duc de Navailles (1619-Paris 1684), issu d’une famille protestante, avait été admis dès l’âge de 14 ans parmi les pages de Richelieu, qui le convertit au catholicisme et le nomma, cinq ans plus tard, colonel d’un régiment. Devenu maréchal de camp en 1647, Navailles s’était distingué en Italie puis, à son retour en France, il s’était trouvé mêlé aux troubles de la Fronde où il prit parti pour Mazarin. Il était lieutenant général quand, à la tête de l’avant-garde de l’armée royale, il attaqua la porte Saint-Antoine (4 juillet 1652).

Une fausse accusation portée contre lui amenait sa disgrâce pour avoir écrit à la reine Marie-Thérèse une lettre anonyme lui dénonçant la passion de Louis xiv pour Mlle de La Vallière (v. note [12], lettre 735). Il reçut l’ordre de vendre toutes ses charges à la cour et de se retirer dans ses terres, mais son innocence fut promptement reconnue et le roi le dédommagea en lui donnant les gouvernements de l’Aunis, de La Rochelle et de Brouage. En 1669, M. de Navailles prit part à la malheureuse expédition de Candie dirigée par le duc de Beaufort (v. note [15], lettre 45), sacrifia inutilement une partie de ses troupes et fut contraint de revenir en France où il fut mal reçu par Louis xiv, qui désapprouva hautement sa conduite et l’exila une seconde fois dans ses terres. Le duc parvint, sinon à se justifier complètement, du moins à apaiser les préventions du roi.

Rappelé sous les drapeaux, il se distingua dans les expéditions de Franche-Comté et de Flandre, fut créé maréchal de France en 1675 et obtint l’année suivante le commandement de l’armée du Roussillon. Après la paix de Nimègue, il fut nommé gouverneur, premier gentilhomme de la chambre et surintendant des finances du duc de Chartres (depuis le Régent). Il a laissé des Mémoires relatifs aux principaux événements depuis 1638 jusques en 1683 (Paris, 1701, in‑12o) (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 20 mai 1661. Note 3

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(Consulté le 10.07.2020)

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