À Sebastian Scheffer, le 7 mars 1659
Note [3]

Ces deux médecins hollandais ont vanté les vertus médicinales du thé (v. note [21], lettre 151) et contribué à son introduction en Europe.

  • V. note [16], lettre 153, pour Bontius (Jacob de Bondt) et ses De Medicina Indorum libri quatuor [Quatre livres sur la médecine des Indes (Orientales)] (Leyde, 1642). Les vertus du thé y sont brièvement décrites page 97 :

    Exsiccantis est qualitatis, ac somnum prohibet, dum vapores e ventriculo in cerebrum ascendentes absumit, prætera astruaticis, ac suspiriosis prodest.

    [Il a une qualité desséchante et il empêche le sommeil, dans la mesure où il anéantit les vapeurs qui montent de l’estomac dans le cerveau ; en outre, il est utile aux anxieux (?) et aux asthmatiques].

  • Nicolaas Pieterzoon Dirx (Amsterdam 1593-ibid. 1674), dit Tulp ou Tulpius, selon la tulipe qui servait d’enseigne à sa maison natale, est un médecin et anatomiste hollandais. La célèbre Leçon d’anatomie du docteur Tulp (Rembrandt, 1632) le dépeint, entouré de ses élèves. Le dernier chapitre (liber iv, caput lix, pages 400‑403) de ses Observationes medicæ. Editio nova, libro quarto auctior, et sparsim multis in locis emendatior [Observations médicales. Nouvelle édition augmentée d’un quatrième livre et corrigée en de multiples passages] (Amsterdam, Ludovicus Elsevier, 1652, in‑8o ; première édition en 1641) est intitulé Herba Theé. On y lit notamment cet éloge médical appuyé du thé :

    Quippe creditur hic passim, nihil hac herba salubrius, cul ad vitam, in extremam senectutem, prorogandam ; tum ad impedienda quæcunque sanitatis incommoda. Neque ipsam solum corpora reddere vegeta, atque arcere calculi dolores, quibus hic neminem dicunt obnoxium, verum etiam tollere dolorem capitis, gravedinem, lippitudinem, destillationem, spiritus difficultatem, ventriculi imbecillitatem, intestinorum tormina, lassitudinem, ac somnum, quem tam evidenter compescit ; ut sorbitionem hujus decocti assumentes, videas interdum integras noctes lucubrando consumere, ac sine ulla molestia evincere, inexpugnabilem cæteroquin dormiendi necessitatem. Calefacit enim modice, et adstringendo ventriculi osculum, refrænat, coercetque usque eo vaporum ad somnum conciliandum nexessariorum adscensum : ut nihil impedimenti offeratur illis, qui scribendo aut meditando stagunt noctes transigere.

    [On croit partout ici qu’il n’y a rien de plus salutaire que cette plante, tant pour prolonger la vie dans l’extrême vieillesse, que pour empêcher toutes les incommodités de santé. Non seulement elle rend leur verdeur aux corps et écarte les douleurs du calcul, dont personne ici ne peut dire être à l’abri, mais elle supprime la douleur et la lourdeur de tête, l’ophtalmie, la distraction de l’esprit, la faiblesse de l’estomac, les maux d’intestin, la fatigue et la somnolence ; elle la réprime si nettement que vous voyez ceux qui boivent de sa décoction passer parfois la totalité de leur nuit à travailler et y parvenir sans éprouver aucune gêne, alors qu’autrement ils seraient pris d’une invincible envie de dormir. Elle réchauffe en effet modérément et, en resserrant l’orifice de l’estomac, elle y arrête et enferme si bien la montée des vapeurs qui sont nécessaires pour procurer le sommeil, que ceux qui ont du mal à passer leurs nuits à écrire ou à méditer n’y éprouvent plus aucune difficulté].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 7 mars 1659. Note 3

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(Consulté le 27.11.2020)

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