Autres écrits : Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 10, note 3.
Note [3]

En dépit de son désordre et de ses références humorales désuètes, cette description esquisse les trois phases de la maladie syphilitique (locale, disséminée et viscérale), telle qu’on l’enseigne toujours dans les facultés (v. note [9], lettre 122).

Parmi les manifestations décrites, on remarque ici la « chute de poil » ou alopécie, qui est un grand classique de la syphilis secondaire : « sorte de maladie qui fait tomber le poil de la tête, et quelquefois des sourcils, de la barbe et autres parties du corps ; autrement la pelade, en latin alopecia. Elle est ainsi appelée des médecins parce que c’est une maladie de renard, nommé en grec alôpêx, parce qu’il est sujet en vieillesse à une certaine gale qui lui fait tomber le poil. »

Dans le 19e livre des Œuvres d’Ambroise Paré, sur la vérole (v. infra note [4]), le chapitre iii, pages 690‑691, contient un paragraphe intitulé De la Pelade :

« La pelade se fait d’humeur séreuse introduite sous le cuir, qui corrode la racine des cheveux. On connaît ladite pelade quand on voit déperdition de poil à la tête, barbe et sourcils. Elle est plutôt curée {a} par l’onction que par la diète. Rondelet {b} écrit que pour faire renaître le poil, faut prendre une taupe et la faire bouillir, et en frotter la partie. Davantage, cette maladie se cache au corps un an, sans démontrer quelquefois signes apparents, ce que ne font les maladies causées d’intempérature chaude. Par quoi ces choses considérées, on peut conclure que la base et fondement du virus vérolique est l’humeur pituiteux ; {c} toutefois, elle peut être compliquée avec autres humeurs, comme il appert aux tumeurs contre nature, lesquelles se trouvent peu ou point qui, purement et simplement, soient faites d’un seul humeur ; mais celui qui domine en la tumeur prend la dénomination, comme nous avons dit au traité des Tumeurs contre nature. » {d}


  1. Soignée.

  2. Guillaume Rondelet, v. note [13], lettre 14.

  3. Emploi ancien du mot humeur au genre masculin (qui est celui d’humor en latin).

    Virus est à prendre au sens de « pus d’une plaie, contagieux et corrosif » (Furetière).

  4. V. note [36] du Faux Patiniana II‑3 pour la calvitie idiopathique (sans cause identifiable) qui était le noble attribut d’Esculape.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 10, note 3.

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(Consulté le 18/05/2024)

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