À Charles Spon, le 28 janvier 1653
Note [37]

Dans la mythologie, Momus (Momos en grec), fils du Sommeil et de la Nuit, était le dieu de la raillerie, du sarcasme et de la folie (Fr. Noël) :

« Satirique jusqu’à l’excès, rien ne trouvait grâce à ses yeux et les dieux mêmes étaient l’objet de ses plus sanglantes railleries. Choisi par Neptune, par Vulcain et par Minerve pour juger de l’excellence de leurs ouvrages, il les citiqua tous trois : Neptune aurait dû mettre au taureau les cornes devant les yeux pour frapper plus sûrement, ou du moins aux épaules, pour donner des coups plus forts ; la maison de Minerve lui sembla trop massive pour être transportée lorsqu’on avait un mauvais voisin ; quant à l’homme de Vulcain, il eût voulu qu’on lui eût fait une petite fenêtre au cœur pour qu’on pût connaître ses plus secrètes pensées. Vénus même ne put être à l’abri de ses traits malins ; mais, comme elle était trop parfaite pour donner prise à sa censure, Momus trouva à redire à sa chaussure. {a} On le représente levant son masque et tenant à la main une marotte, {b} symbole de la folie. »


  1. V. seconde notule {c}, note [57], lettre 348.

  2. Marotte : « ce que les fous portent à la main pour les faire reconnaître. C’est un bâton au bout duquel il y a une petite figure ridicule en forme de marionnette coiffée d’un bonnet de différentes couleurs » (Furetière).

Sans doute Guy Patin faisait-il ici allusion à un ouvrage satirique sur lequel Charles Spon lui demandait des éclaircissements, mais je n’ai pas su l’identifier.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 28 janvier 1653. Note 37

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(Consulté le 28.01.2021)

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